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Vêtements de protection : les pompiers de Gatineau déboutés par la CNESST

L'Association des pompiers et pompières de Gatineau est en colère contre la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) du Québec.

Le mois dernier, le syndicat avait déposé une plainte à la CNESST, alléguant que les vêtements de protection individuelle (VPI) de rechange mis à la disposition des pompiers ne sont pas adéquats.

Il affirmait notamment que le tiers de la réserve de vêtements de protection dépassait la durée de vie de 10 ans établie par le manufacturier et par la National Firefighter Protection Association (NFPA), l'association américaine de protection des pompiers. Il s'agit d'une norme reconnue au Canada.

Dans un rapport daté du 3 mai, l'inspecteur Jean-Charles Marengère de la CNESST reconnaît que la norme 1851 de la NFPA et le guide de la Fire and Emergency Manufacturers and Services Association (FEMSA), une association de fabricants, « indiquent clairement que les VPI doivent être retirés de service après 10 ans à compter de la date de fabrication ».

Or, l'inspecteur Marengère souligne que le respect de ces règles n'est pas requis par la loi au Québec et que c'est plutôt la Loi sur la santé et la sécurité du travail qui prévaut.

Selon son analyse, les autorités gatinoises respectent la loi, puisqu'elles s'assurent que les VPI protègent adéquatement les pompiers. Il explique notamment que le Service de sécurité incendie de Gatineau (SSIG) et un sous-traitant procèdent aux inspections nécessaires.

Le syndicat veut des réponses

L'Association des pompiers et pompières de Gatineau (APPG) s'explique mal pourquoi la CNESST de l'Outaouais ne reconnaît pas les normes établies par la NFPA et le fabricant. Selon le syndicat, elles sont reconnues ailleurs au Québec.

« Il va falloir que la CNESST s'entende entre eux autres, parce qu'à d'autres places au Québec, on dit que c'est les règles de l'art. Ici, on a décidé que ça ne l'était pas », lance le vice-président santé et sécurité de l'APPG, Mathieu Jolicoeur. « Je pense qu'on est en train de semer la confusion pas mal plus que de clarifier le sujet. »

« C'est un guide de l'utilisateur au même titre que quand on achète un produit quelque part. [...] Quand on transgresse le guide, bien tu ne te feras pas repayer. Ici, si on transgresse le guide, c'est la sécurité de nos pompiers qui est en jeu », ajoute-t-il.

La décision de la CNESST a des échos jusqu'à Montréal. Chris Ross, le vice-président de l'Association des pompiers de Montréal (ADPM), dit avoir eu le même débat il y a quelques années.

« La CNESST a statué clairement que pour eux autres, à l'époque [la norme] 1851 représentait les normes généralement reconnues dans le domaine de l'incendie et qu'en l'absence d'une réglementation québécoise, la CNESST s'attendait à ce que la Ville de Montréal se conforme à ces obligations-là », raconte-t-il.

M. Ross dit souhaiter que le gouvernement du Québec adopte une réglementation uniforme claire à l'échelle provinciale, afin d'éviter une interprétation différente d'une ville à l'autre.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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