Retour

Vie de parents : 5 phrases que les politiciennes entendent souvent

La campagne électorale américaine démontre une fois de plus que pour être une femme politicienne, dans un monde d'hommes, il faut savoir s'imposer et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ça, c'est pour la partie publique. En ce qui concerne la vie familiale, on pourrait rajouter qu'il faut apprendre à gérer l'absence, si l'on se fie à la députée provinciale de Hull, Maryse Gaudreault.

Mme Gaudreault ne prétend pas prendre les rênes du Canada dans un avenir proche. Il n'empêche que les ficelles du métier de politicienne, elle les a bien en main.

Avant d'être élue pour la première fois en 2008, la politique était surtout une passion qui l'animait depuis deux décennies. La décision de se porter candidate, elle l'a prise avec sa famille et ses proches.

Maryse Gaudreault est la maman de deux jeunes femmes, Camille, 25 ans, et Éva, 21 ans. Quand elle a remporté son siège à Québec pour la première fois, ses filles étaient encore adolescentes.

« Tu n'es pas là quand [les enfants] rentrent de l'école. Tu n'es pas là pour entendre aussi les bons coups qu'ils auront fait dans la journée, les épreuves qu'ils auront vécues. Ils doivent attendre quelques jours avant de pouvoir [...] partager tout ça », explique-t-elle.

Certes, il y a les réseaux sociaux pour garder le contact et Skype pour superviser les devoirs à distance... mais parfois, cela ne suffit pas. La députée de Hull affirme sans hésitation que dans ces cas-là, la politique passe au second plan.

« Je pense que le lien de confiance, au fond, c'est ça. Peu importe ce que tu fais dans la vie, peu importe où tu te trouves sur la planète, si tes enfants savent qu'ils peuvent toujours compter sur toi, à ce moment-là ça aide tout le monde », estime-t-elle.

Au cours de ses activités, Maryse Gaudreault est amenée à répondre à des questions autant sur la signification de son engagement en politique que sur sa vie de personnalité publique. En voici quelques-unes.

1. Il faut avoir la « couenne dure » pour être en politique

Mme Gaudreault laisse clairement entendre que pour s'engager en politique, il faut être capable d'encaisser les coups.

« C'est connu, la critique est très facile envers les politiciens. Être en politique nécessite d'être constamment sollicité par les représentants des médias. Nous sommes constamment sous les feux de la rampe et ne pouvons malheureusement pas faire le bonheur de tous », fait-elle valoir.

C'est notamment la raison pour laquelle elle dit avoir beaucoup de respect pour ceux qui se portent candidats.

S'il faut « être fait fort » pour être en politique et surtout, être habité par le désir constant de servir, il ne faut pas oublier pour autant qu'il y a tout un univers en dehors de la « planète Québec », selon elle.

« On n'est jamais seule dans cette aventure, nos enfants aussi quelques fois en souffrent », indique Mme Gaudreault.

2. Être en politique est très exigeant et demande de tout sacrifier

Maryse Gaudreault admet qu'être en politique est très exigeant, mais elle est persuadée que cela n'est pas incompatible avec une vie de famille.

« Cela demande de prioriser notre relation avec nos proches », souligne-t-elle. « Tout le monde doit faire des choix et malgré nos horaires bien chargés, que l'on soit en politique ou dans d'autres sphères, il faut nous ressourcer et passer du temps avec notre amoureux et en famille. »

Consciente qu'il y a des enfants qui supportent mieux que d'autres l'engagement de leurs parents, Mme Gaudreault s'estime chanceuse.

« On a [vu] M. [Pierre-Karl] Péladeau récemment, qui était voué à une belle carrière, qui venait d'arriver dans son rôle de chef, quitter parce qu'il voyait que sa famille... Il ne pouvait pas concilier les deux », constate-t-elle. « Il a choisi sa famille et c'est tout en son honneur. C'est un choix difficile, mais je crois qu'il a fait le très bon choix. »

La députée de Hull affirme qu'elle démissionnerait si ses enfants le lui demandaient, mais à la condition qu'elle puisse au moins terminer son mandat.

3. Les politiciens sont tous les mêmes

Maryse Gaudreault rappelle qu'il y a 125 députés à l'Assemblée nationale et que chacun a sa personnalité, son vécu et ses compétences. À cela s'ajoute le fait qu'il y a différentes tendances et des réalités régionales parfois très contrastées, qui cohabitent au sein d'une même organisation.

Pourtant, « un candidat du Parti québécois et une candidate du Parti libéral du Québec sont d'abord et avant tout deux individus, qui souhaitent améliorer le sort de leurs concitoyens », considère-t-elle.

4. Je ne vais pas voter, car cela ne fait aucune différence

En tant qu'élue, Maryse Gaudreault croit aux vertus du système parlementaire et à la démocratie. C'est pourquoi elle se dit surprise quand elle entend des citoyens se vanter de ne pas voter.

« Nous sommes choyés au Canada, car nous pouvons choisir nos dirigeants à tous les paliers de gouvernement. Le faible taux de participation aux différentes élections m'interpelle énormément », reconnaît-elle.

C'est pourquoi elle n'hésite pas, quand elle visite des écoles, à inciter les jeunes à exercer leur droit de voter dès l'âge de la majorité.

5. La population de l'Outaouais est tenue pour acquise par les politiciens

« Je vous avoue que cette affirmation me désole! », lâche Mme Gaudreault.

« Toutes les fois que j'ai rencontré un citoyen qui avait cette impression, j'ai pris le temps d'échanger avec lui, tout en l'informant des beaux projets sur lesquels mes collègues et moi travaillons en ce moment », précise-t-elle.

Plus d'articles