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Vie de parents : famille d’accueil, une recette d’amour et de patience

Avec quatre enfants issus de leur union, la famille de Cecilia Arruda et Mario Fitzgerald est déjà bien garnie. Pourtant, le couple de l'Outaouais a tellement d'amour à donner qu'il a tout de même décidé d'être famille d'accueil.

Un texte de Christelle D'Amours pour Les malins

Depuis plus de dix ans, Cecilia Arruda et Mario Fitzgerald accueillent des enfants qui leur sont confiés par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Outaouais.

Tous deux dans la mi-quarantaine, ils sont les parents de quatre enfants adultes et ils accueillent présentement un adolescent de 13 ans et un bébé de 7 mois.

« Facile! », dit Cecilia en se rappelant leurs premières années comme famille d’accueil. « Ça, c’était " rock and roll "! On avait sept enfants dans la maison. »

Les parents ont grandi dans des familles nombreuses et aiment être entourés. Lorsqu’ils ont manifesté leur désir de devenir famille d’accueil, leurs quatre enfants, alors adolescents, ont été réceptifs à l’idée de venir en aide à d’autres enfants.

« Il a fallu expliquer, puis vendre l’idée à nos enfants. Ils étaient d’accord », se rappelle Cecilia.

« [Les enfants pris en charge par la DPJ] ont besoin d’une deuxième chance. Ils ont besoin d’amour. Ils n’ont pas eu d’amour et ça nous déchire. Mes enfants comprennent ça . »

Affronter les préjugés

En ouvrant leur porte - et leur coeur- à des enfants placés sous la protection de la jeunesse, le couple accepte non seulement d'abandonner une part d’intimité, mais de faire face à des défis sur plusieurs plans.

D’emblée, Cecilia Arruda dément les allusions aux vertus lucratives de son projet familial.

« Laisse-moi te dire que ça coûte cher, en tout cas, avoir tous ces gens-là dans la maison, au niveau de l’électricité, au niveau de la nourriture », dit-elle.

Il faut beaucoup d'énergie et de temps pour composer avec le quotidien. « Il faut énormément d’amour, puis de la patience. Il y a tant de rendez-vous, puis des fois, je peux voir une travailleuse sociale deux fois par semaine. Il faut que je les amène chez le médecin comme les miens, [il y a] les devoirs, les professeurs, les rencontres d’école... », ajoute-t-elle.

Pourtant, il y a beaucoup de préjugés concernant les familles d’accueil. Les enfants peuvent aussi faire l’objet d’opinions que Mme Arruda qualifie « d'injustes ».

« Je ne peux pas jouer [avec un ami] parce que je suis en famille d’accueil. Ses parents ne veulent pas », dit Cecilia en rapportant des paroles entendues bien souvent. « Je trouve que ça fait pitié, parce qu’ils en veulent des amis. »

Les failles du système

Le système administratif et légal fait également partie des irritants pour Cecilia et Mario, qui se sentent parfois laissés à eux-mêmes.

Le couple raconte la difficulté d’obtenir les approbations nécessaires pour emmener les enfants chez le médecin, les autorisations des parents biologiques qui arrivent trop tard, l’impuissance qu’ils ressentent lorsque les enfants ont besoin de services immédiats, mais qu’ils doivent se plier aux procédures administratives.

Il y a aussi les intervenants difficiles à joindre, les travailleurs sociaux qui se succèdent et les dossiers qui passent d'une main à l'autre.

Cependant, les situations les plus difficiles pour la famille sont celles qui affectent les jeunes.

Le couple se souvient d'une jeune fille âgée de 17 ans, qui après avoir été placée dans une trentaine de familles d’accueil, avait trouvé un peu de stabilité chez eux. Comme elle avait atteint l’âge de se préparer à être autonome, elle devait les quitter pour s’installer dans un appartement supervisé alors qu’elle ne se sentait pas prête. « Elle pleurait, elle pleurait », raconte Mme Arruda.

S’armer de courage et d’amour

Les parents sont d’accord : les départs sont difficiles, surtout lorsqu’ils sont soudains.

« On sait quand ils arrivent [mais] quand ils vont partir, on ne le sait jamais », lance le père de famille.

Cecilia et Mario gardent un souvenir plutôt douloureux d’un petit garçon de sept mois qui leur avait été retiré très rapidement à la suite d'un jugement de la cour. « Moi, je travaillais. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. Ça, ça m’a vraiment déchiré », dit M. Fitzgerald.

Les cas difficiles peuvent certes apporter leurs lots de tempêtes, mais la famille trouve son bonheur dans les liens qu’elle crée avec ceux qu’elle accueille.

Certains enfants ne demeurent avec eux que quelques jours, mais d'autres se greffent à leur noyau familial pour y rester. Le couple Arruda-Fitzgerald demeure même en contact avec certains enfants, plusieurs années après leur passage chez eux. « Ça, ça fait plaisir. On dirait qu’on a fait du bien, puis qu’on a réussi », se réjouit Cecilia.

« La plus grande partie de notre histoire, c’est la politesse, puis respecter chaque personne. C'est la clé », dit Mario Fitzgerald en souriant.

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