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Vie de parents : femme d'affaires de mère en fille

Se lancer en affaires avec ses parents peut paraître saugrenu pour certains, mais pour la libraire Claudia Legault-Dallaire, c'était une décision tout à fait naturelle. Avec sa mère, Joanne Legault, une galeriste d'expérience, elles ont décidé d'ouvrir en mars dernier Bouquinart, une librairie-galerie qui a pignon sur rue dans le secteur d'Aylmer, à Gatineau.

Un texte d'André Dalencour pour Les Malins

Après quatre ans à travailler pour de petites et grandes structures spécialisées dans la vente de livre, Claudia a eu envie d’enfin réaliser son « rêve de petite fille ».

« L’année passée, je sentais que j’avais besoin d’avoir ma place. Et pendant ce temps-là, ma maman avait sa galerie d’art virtuelle. On a décidé de mixer nos deux passions. Donc de mixer l’art et la littérature », explique la jeune femme.

Elle y a vu une opportunité, d’autant que le concept était relativement récent dans la région et que peu d’entreprises de l’Outaouais offraient ce genre de service.

« Claudia a toujours voulu avoir sa librairie et j’avais un peu soulevé l’idée de s’associer. Finalement, au mois d’août, l’année passée, c’est là que c’est parti », précise Joanne, qui y voit aussi une façon de léguer un peu d’elle-même à sa fille.

Une suite logique

Cette collaboration d’affaires doublée d’une relation de filiation trouve ses racines dans le parcours des deux femmes.

Quand Claudia avait entre 8 et 10 ans, Joanne l’amenait régulièrement travailler avec elle dans la galerie d’art où elle œuvrait à l’époque. La petite aimait l’accompagner pour l’aider et rencontrer les artistes.

« Je me rappelle que je collais des timbres, des étiquettes pour les invitations. Donc, depuis quand même très jeune, on a commencé à travailler ensemble. C’est comme ça que j’ai eu mes premières expériences de travail, c’est avec ma mère », raconte Claudia.

« J’ai toujours cru en elle. J’ai toujours su qu'elle était une entrepreneure dynamique, jeune, enjouée, une fille d’action », glisse Joanne avec fierté. « Faut que ça bouge. C’est ce qu’elle apporte à cette entreprise. »

« Elle travaille tellement bien en équipe », souligne Claudia pour sa part. « Moi, j’ai plus de difficulté là-dedans, donc elle m’apprend, elle me montre beaucoup, mais c’est aussi toute sa sagesse qu’elle apporte, son calme. »

N’allez pas croire, cependant, que les sentiments peuvent l’emporter sur les affaires avec ces deux-là. Pour nos deux entrepreneures, cette aventure découle d’un choix concerté et patiemment calculé. « C’est notre temps, c’est notre argent, c’est notre énergie », rappelle Claudia.

Maman un jour, maman toujours?

Joanne assure qu’elle n’est pas du genre à infantiliser sa fille, d’autant plus que cela n’aurait fait que générer des frictions.

« Non, je ne l’ai jamais maternée », indique-t-elle sans détour. « Par contre, je suis là quand il y a des problèmes, j’écoute ».

Elle n’hésite pas non plus à ramener sa fille sur terre quand le besoin se fait sentir, étant la plus sage des deux. Elle lui rappelle notamment l’importance de ne pas brûler les étapes.

« Elle a l’expérience de toutes ses années en galerie. Moi, j’ai les petites années que j’ai faites en librairie. Donc, nos deux expériences communes dans le fond se complètent très bien comme nos passions », renchérit la cadette.

Par ailleurs, afin d’éviter de se marcher sur les pieds et de se « chicaner », elles ont pris soin de se séparer les tâches dès le départ.

« Je suis plus dans l’administration, la comptabilité. Ma mère, elle, c’est plus les médias et elle fait une autre forme d’administration. […] Vraiment, dès le début, ça a été important de séparer qui fait quoi », fait observer Claudia.

Pour le reste, elles essayent de séparer vie privée et travail, même s’il est encore difficile de garder cette frontière étanche.

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