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Violence sexuelle : un rapport réclame des changements profonds à l’UQO

Une étude relève plusieurs constats « préoccupants » concernant les situations de victimisation sexuelle à l'Université de Québec en Outaouais (UQO). Les auteurs de l'Enquête sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieu universitaire (ESSIMU) suggèrent d'importants changements à la direction de l'établissement.

Parmi les constats établis dans l’étude, menée dans une demi-douzaine d'universités québécoises, il est notamment mentionné qu’un membre sur trois (31,9 %) de la communauté universitaire a vécu au moins une forme de violence sexuelle depuis son entrée à l’université.

La proportion de femmes et d’étudiantes de premier cycle ayant subi ce genre de situation, depuis leur entrée à l’université et dans la dernière année, est particulièrement significative.

À cela s’ajoute le fait qu’une « très faible proportion » des victimes présumées a dévoilé ces violences sexuelles à une personne associée à l’université ou aux autorités universitaires compétentes.

Des recommandations concrètes

Les auteurs de l’étude ont formulé six recommandations afin que l’UQO puisse offrir un environnement de travail et d’études « juste et équitable » à l’ensemble de la communauté universitaire.

Les chercheurs proposent à l’établissement de mettre sur pied et financer un comité permanent chargé de campagnes de sensibilisation et de prévention des violences sexuelles.

« Ce comité doit s’assurer de la rémunération de l’ensemble de ses membres et doit être financé de manière à pouvoir accomplir adéquatement sa mission », est-il précisé dans le rapport.

Une révision des politiques en place est suggérée et les auteurs ajoutent que « l’élaboration d’une politique dédiée aux violences sexuelles constitue un premier pas important ». Ces politiques ainsi que les ressources disponibles doivent être facilement accessibles en ligne.

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec est par ailleurs fermement incité à créer un bureau indépendant sur les différents campus de l’UQO, dont le mandat sera de recevoir et de traiter les plaintes liées aux violences sexuelles. Cette structure devrait, en outre, soutenir les personnes qui sont victimes de ces situations.

« La ministre [responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène] David, qui a vraiment été très présente dans les médias sur cette question, devrait faire en sorte que son ministère finance les bureaux indépendants dans les universités », justifie la chercheuse responsable du volet UQO de l’ESSIMU, Stéphanie Demers.

Statistiques et volonté institutionnelle

Une des recommandations fortes des chercheurs est de mieux documenter et suivre le phénomène de violence sexuelle à l’UQO.

Pour y parvenir, l’établissement est encouragé à tenir des statistiques annuelles sur le taux de dénonciation des violences sexuelles, mais aussi des mesures disciplinaires mises en place le cas échéant.

La haute direction est notamment appelée à s'investir davantage dans la lutte contre la violence sexuelle.

De façon générale, le personnel enseignant n’est pas formé pour accueillir ce type de dévoilement. Les directions de modules et de départements ne sont pas non plus formées pour accueillir ce type de plaintes ou de dévoilements.

Stéphanie Demers, professeure au Département des sciences de l’éducation de l’UQO et chercheuse responsable du volet UQO de l’ESSIMU

« C’est-à-dire assurer le financement et la pérennité de ces initiatives; libérer et encourager le personnel ainsi que les membres de la communauté étudiante à y participer; et s’y présenter personnellement, afin de démontrer que ces initiatives sont le résultat d’une approche concertée », plaident les chercheurs.

La formation du personnel, particulièrement ceux en position d’autorité, et l’éducation des étudiants sont les deux autres leviers qui ont été identifiés. Ce travail de sensibilisation en profondeur pourrait se faire en partenariat avec des organismes locaux.

Avec les informations de Marie-Lou St-Onge

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