Dès la création du Rouge et Noir, une priorité a rapidement été établie. L'équipe devait devenir la préférée des amateurs d'Ottawa, mais aussi de ceux de Gatineau. C'est à ce moment qu'est entré en scène Jean-Guy Gorley, ambassadeur francophone pour le club de football.

Un texte de Kim Vallière

À l’aube de la cinquième saison du Rouge et Noir, ce spécialiste du marketing constate que les efforts pour courtiser les partisans francophones sont payants.

« Quand je me promène dans le stade, entre les concessions pendant les parties, j’entends de plus en plus de gens parler français », indique M. Gorley, qui travaille à titre de consultant pour l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG), propriétaire du Rouge et Noir, du Fury et des 67.

L’homme d’affaires oeuvre dans le milieu des communications et du marketing depuis 38 ans. Il martèle qu’il est primordial pour une entreprise comme OSEG de placer l’anglais et le français sur un pied d’égalité.

« C’est un marché qui est global [...] on ne fait pas une journée spéciale pour les francophones pour dire “voici ta journée, après ça on ne parle qu’anglais” », explique-t-il.

Son embauche s’est faite à la suite d’un appel de Marcel Desjardins, en 2014. Il avait été nommé directeur général de l’équipe de football, après avoir passé plus d’une décennie dans l’organisation des Alouettes de Montréal. Desjardins voulait s’assurer de courtiser le marché gatinois et celui de l’Est ontarien.

« On ne voulait pas répéter les mêmes erreurs qu’une ancienne équipe professionnelle, les Renegades. Ils ont complètement boycotté les francophones. Ça ne se fait pas dans le sport professionnel », lance M. Gorley, en référence à l’équipe de la Ligue canadienne de football (LCF) qui a existé pendant quatre saisons au début des années 2000.

Son rôle l’amène à proposer des stratégies pour permettre à OSEG d’être impliqué dans la communauté. Parmi les initiatives mises sur pied : un entraînement annuel à Gatineau, une participation au Jamboree de football scolaire à Buckingham et le défilé de la Coupe Grey aux Promenades de l’Outaouais.

Le Rouge et Noir s’associe au football scolaire en vendant des billets à prix réduit aux associations sportives. Une portion de ces ventes est ensuite remise aux équipes, soit un montant de 4000 $ en 2017. Le club professionnel a aussi donné 60 paires de souliers à crampons à des jeunes footballeurs de l’Outaouais dans les dernières semaines.

Un exemple pour les Sénateurs?

Selon un sondage réalisé en 2015 pour le compte de Radio-Canada, les Sénateurs d’Ottawa n’ont jamais réussi à devenir l’équipe de prédilection de la population gatinoise, qui penche plutôt pour le Canadien de Montréal.

Qu’est-ce qu’en pense celui qui avait pour mission d’éviter pareille situation chez le Rouge et Noir? « On ne se mettra pas la tête dans le sable, c’est un fait que les Sénateurs ont beaucoup de travail à faire au niveau marketing chez les francophones », répond M. Gorley.

Il explique que la différence principale entre les Sénateurs et le Rouge et Noir se trouve à la tête de l’organigramme, chez les propriétaires. OSEG est formé d’un groupe de cinq partenaires, alors que Eugene Melnyk est le seul propriétaire du club de hockey.

« Les propriétaires chez OSEG, ce sont des gens impliqués [...] qui participent à des activités communautaires, font des dons », avance-t-il. « Ce sont des gens locaux, qui ont une fierté que les choses se fassent de la bonne façon. »

La solution est simple pour l’équipe de la Ligue nationale de hockey, selon Jean-Guy Gorley : créer un poste comme le sien.

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