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« Watch ta tête », une initiative d'élèves du secondaire victimes de commotions cérébrales

Des élèves du Collège Saint-Alexandre, à Gatineau, qui ont déjà subi une commotion cérébrale, ont créé une initiative pour se rassembler et sensibiliser leurs pairs à cette blessure particulièrement répandue dans le monde du sport.

La vie des membres du comité « Watch ta tête » a parfois changé radicalement après une commotion cérébrale, en raison des effets secondaires qui y sont associés.

Radio-Canada a rencontré 3 des 18 membres de ce groupe, qui leur permet de partager leur expérience avec d'autres jeunes qui comprennent leur réalité.

Louis-Charles Sanscartier, six commotions cérébrales

Chaque fois que Louis-Charles Sanscartier a subi une commotion cérébrale, il s'est senti étourdi, un symptôme commun chez ceux qui subissent cette blessure. Lors de sa dernière et 6e commotion, le 20 février, au cours d'une partie de volleyball, les effets secondaires ont été plus graves.

« J'ai perdu la sensibilité dans mes orteils. J'ai eu des maux de tête incroyables et des nausées. J'étais étourdi », se souvient-il. Il avoue ne pas avoir recommencé la pratique du volleyball, parce qu'il craint de faire une commotion cérébrale. Il n'a pas été en mesure de lire pendant cinq mois et il ne peut toujours pas utiliser les escaliers parce qu'il a encore des problèmes d'équilibre. « Ce sont des détails comme ça qui font qu'on réalise qu'on est chanceux d'avoir la vie qu'on a avant une commotion. »

Les membres du comité « Watch ta tête » ont l'impression de mieux pouvoir se comprendre entre eux parce qu'ils partagent une réalité qui n'est pas bien comprise par tout le monde. « C'est vraiment un lieu d'échange pour briser l'isolement et c'est vraiment important », explique Louis-Charles Sanscartier.

Myriam Beaudry, deux commotions cérébrales

La première fois que Myriam Beaudry a subi une commotion cérébrale en jouant au volleyball, elle a raté de nombreuses semaines d'école en raison des effets secondaires trop envahissants. Neuf mois plus tard, elle a reçu un ballon sur la tête pour provoquer sa deuxième. Elle a passé deux mois dans le noir, un des moments où elle s'est senti le plus seule et incomprise. « J'ai un peu perdu une partie de l'innocence de mon adolescence », explique celle qui a gradué du Collège Saint-Alexandre l'année dernière.

Myriam Beaudry aurait aimé pouvoir compter sur une initiative comme « Watch ta tête » lorsqu'elle composait avec les symptômes de ses commotions : « Quand on m'a invitée à revenir ici et participer, ç'a fait vraiment du bien de voir que les prochaines personnes qui vont passer à travers ce moment malheureux, vont avoir un groupe de support où ils vont pouvoir venir se confier. »

Michael Stegman, une commotion cérébrale

Six ans après avoir subi avec une commotion cérébrale, Michael Stegman a toujours en tête les risques associés à cette blessure lorsqu'il pratique le hockey et qu'il reçoit des contacts physiques. « C'est une des raisons pour lesquelles j'ai voulu créer le groupe « Watch ta tête ». Tous les jours, je suis conscient des risques si j'ai une commotion et des conséquences que ça peut avoir sur la vie d'un individu », explique l'élève du Collège Saint-Alexandre.

Il considère que le comité, qui se réunit dans une salle de classe pendant l'heure du dîner, est un lieu de refuge : « C'est un endroit où il y a du monde qui me comprend, du monde qui a vécu ça, qui est capable de me dire ce qui se passe et quoi faire. »

Les trois membres du comité insistent également sur l'importance de la prévention des commotions cérébrales. Ils font des visites dans les classes et ont produit des capsules vidéo pour donner de l'information aux autres élèves.

Avec les informations de Josée Guérin

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