L'arrestation de Basil Joseph Borutski, 57 ans, a mis à l'avant-plan une petite communauté tranquille de l'est de l'Ontario. Depuis, les résidents de Wilno sont sous le choc. Toutefois, on dénote chez eux une certaine forme de résilience. Portrait d'une communauté tissée serrée.

Un texte de Angie Bonenfant

C'est la deuxième fois en quelques années que les villageois de Wilno se trouvent sous les feux de la rampe. Il y a 10 ans, un prêtre avait fait les manchettes des médias du pays pour des accusations d'agressions sexuelles commises envers un mineur, alors qu'il pratiquait à Wilno.

Les 200 âmes qui composent le village ont appris à se tenir debout devant ce genre de tragédie. Et les événements des derniers jours ont renforcé ces liens de solidarité.

« C'est vrai que Wilno est un tout petit village, mais les membres de la communauté forment une grande famille », explique Paul Nopper, le coordonnateur des activités récréatives et communautaires du canton de la Vallée de Madawaska.

« Je vous dirais que c'est comme ça pour tous les villages du canton. Ils se soutiennent les uns et les autres, comme des frères et soeurs. Tout le monde est dévasté par les récents événements », ajoute-t-il.

Cette proximité toute chaleureuse distingue Wilno des autres villages de la région.

« Il y a quelques années, un jeune homme du village a perdu la vie lors d'un accident de la route. L'église dans laquelle ont eu lieu ses funérailles était pleine à craquer », raconte Kim Love, mairesse de Wilno. « C'est un trait commun des petits villages, les gens se tiennent les coudes. »

« Witame dlo Wilno »

Sur une enseigne du village, on peut lire Witame dlo Wilno qui signifie en polonais : « Bienvenue à Wilno ».

C'est ici, en 1864, que les premiers immigrants polonais se sont installés au Canada.

La langue, la musique, la nourriture, l'architecture... Tout à Wilno est empreint de la culture « kachoube ». Il faut dire que les habitants se font un devoir de maintenir en vie leurs origines polonaises.

« Pour les habitants, leur patrimoine culturel est très, très important », raconte Sherley Mask Connolly, la conservatrice du Musée du patrimoine polonais kachoube de Wilno. « De nombreuses familles ont installé dans le parc près du musée une pierre sur laquelle est gravé le nom de leur premier descendant. »

Au Canada, le kachoube est encore en vie après plus de 150 ans, grâce aux efforts soutenus de grands-parents et de parents qui transmettent cette langue à leurs enfants.

Le village de Wilno est composé de familles de huitième génération.

Wilno est reconnu en autres pour sa taverne, son église et son musée. Mais c'est sa Journée du festival kachoube, tenue chaque premier samedi du mois de mai, qui fait sa renommée.

Quelque 3000 touristes d'origine polonaise visitent le village chaque été.

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