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3500 livres de viande de bois aux plus démunis grâce à de généreux chasseurs

Partout au Québec, cet automne, les chasseurs de chevreuil et d'orignal étaient invités à poser un geste altruiste en donnant une partie de leur gros gibier aux banques alimentaires. Par centaines, ils ont accepté de relever le défi du programme Chasseurs généreux. Résultat : 3500 livres de viande de bois (1600 kilos) se sont retrouvées dans les assiettes des plus démunis.

« La mission a été atteinte : les chasseurs ont été généreux et les bouchers ont été généreux », se réjouit Stéphanie Vadnais, conseillère en communications à la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec.

« 3500 livres de viande, ça représente environ 16 000 portions de viande qu'on peut intégrer à des repas, donc on a nourri plusieurs bouches avec ça. On est vraiment très fier », dit-elle.

Le réseau des Banques alimentaires du Québec a vu toute cette viande transiter par ses installations, puis être acheminée directement aux organismes d’aide alimentaire. Son directeur général affirme qu’il s’agit d’un apport inestimable.

« Non seulement cette viande était attendue, elle est aussi la bienvenue parce que vous savez, dans les banques alimentaires, c'est très rare qu'on a ce type de denrées », indique Zakary O. Rhissa.

On compense parfois par des protéines végétales, dans les cannes, ou parfois des viandes froides, mais la qualité n'est pas la même. Pour nous, une viande fraîche, c'est très, très rare dans les banques alimentaires.

Zakary O. Rhissa, directeur général du réseau des Banques alimentaires du Québec

Si la majeure partie des 3500 livres de viande de chevreuil et d’orignal récoltées ont déjà été consommées, quelques livraisons supplémentaires devraient avoir lieu à temps pour Noël.

Pour une fois, certains bénéficiaires des banques alimentaires vont pouvoir mettre de la viande dans les assiettes au temps des fêtes.

Zakary O. Rhissa, directeur général du réseau des Banques alimentaires du Québec

Des bouchers indispensables

Le programme Chasseurs généreux est né dans le Bas-Saint-Laurent en 2013, mais pour la première fois cet automne, il a été étendu à l’ensemble du Québec.

Aux quatre coins de la province, une cinquantaine de bouchers se sont donc engagés à demander à tous les chasseurs qui venaient faire débiter un chevreuil ou un orignal s’ils désiraient faire un don de leur viande.

Steeve Cliche, propriétaire de l’Abattoir Cliche à East Broughton, en Beauce, était du lot. Il n’a pas hésité une seconde à s’impliquer bénévolement dans ce programme.

« On avait une boîte attitrée dans le congélateur. Les gens nous donnaient [la viande] et on la mettait dedans. Quand est venu le temps, on est parti avec la boîte. Je suis allé le porter moi-même chez Moisson Beauce, à Saint-Georges », détaille-t-il.

Les gens qui vont à la chasse, souvent c'est des gens qui sont mieux nantis, qui peuvent se permettre peut-être de faire un petit don.

Steeve Cliche, propriétaire de l'Abattoir Cliche

Le boucher n’a pas connu autant d’achalandage qu’il l’aurait voulu, mais il croit que dès l’an prochain, la petite hésitation de certains chasseurs à faire un don de viande ne sera que le l’histoire ancienne.

« Je crois que ça va être beaucoup moins difficile parce que les gens en ont entendu parler cette année. Ils vont arriver déjà et quand on va leur en glisser un mot, ils vont dire, ah oui! », avance-t-il.

Inclure l’ours noir

Pour que le programme Chasseur généreux puisse croître, Stéphanie Vadnais souhaite maintenant convaincre encore plus de bouchers d’en faire partie.

« Si on a, par exemple, trois bouchers dans une région, ça ne veut pas dire que le territoire au complet est desservi. Donc plus on a de bouchers, plus on peut parler du programme », illustre-t-elle.

La Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec souhaite aussi convaincre les bouchers d’intégrer la viande de l’ours noir dans le programme dès 2017.

En incluant cette viande, dont la chasse a lieu a printemps, Chasseurs généreux pourrait offrir de la viande sauvage aux banques alimentaires deux saisons par année.

C'est une viande qui est délicieuse et qui est méconnue aussi.

Stéphanie Vadnais, conseillère en communications à la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec

Déjà, Steeve Cliche se montre enthousiaste, lui qui débite un certain nombre de ces bêtes chaque printemps. « Il y a environ 5 à 6 chasseurs que je sais qu'ils vont faire la chasse à l'ours dans le secteur ici », dit-il.

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