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À qui appartient le panache du « monstre de Matane »?

Le chasseur Jérémy Boileau a témoigné pour la première fois mardi dans le cadre d'une poursuite de 96 000 $ qu'il intente contre un guide de chasse et la Sépaq, relativement à la propriété d'un panache d'orignal atypique de 60 pointes.

Jérémy Boileau a raconté au juge Pierre C. Bellavance le fil des événements de sa partie de chasse du 15 septembre 2011 dans la réserve faunique de Matane. Il était alors accompagné de son père, de deux autres membres de sa famille et d'un guide de la Sépaq, Claude Lavoie.

M. Boileau a expliqué en cour que lorsqu'il a aperçu l'orignal au panache atypique, il a fait feu en sa direction à deux reprises et l'a atteint, mais l'animal s'est sauvé.

Après quatre heures de recherche, toujours selon le témoignage, le guide suggère aux chasseurs d'abandonner les recherches puisque la viande de l'animal ne serait plus comestible en raison du temps écoulé. Comme le groupe avait peu d'expérience, les chasseurs ont décidé de suivre les conseils du guide. Ils ont donc chassé ailleurs le lendemain et tué un autre orignal.

La poursuite reproche au guide de ne pas avoir expliqué clairement le caractère unique du panache de l'orignal. Dans son témoignage, le père, Jean-Yves Boileau, a indiqué qu'il ne savait pas ce que signifiait le terme « atypique » utilisé par le guide.

La défense réplique

En contre-interrogatoire, la défense a plutôt affirmé que le guide avait clairement expliqué la rareté du panache aux chasseurs en décrivant les 60 pointes. L'avocat Jean-Yves Ménard a tenté de faire valoir que le groupe de chasseurs a finalement abattu un autre orignal le lendemain et qu'il avait donc obtenu ce qu'il était venu chasser.

Après le séjour des chasseurs, le guide Claude Lavoie est retourné sur les lieux et a retrouvé l'orignal avec le panache atypique. Il a ensuite conservé le panache qui est au coeur du litige.

Un total de six témoins ont été interrogés. En plus des deux membres de la famille Boileau, trois agents de la protection de la faune et un expert ont aussi témoigné.

Le juge a rappelé que personne ne remet en doute le fait que Jérémy Boileau a fait feu sur la bête. Il faudra maintenant que Pierre C. Bellavance détermine si le panache appartient à celui qui a abattu l'orignal ou à celui qui a retrouvé la bête.

Le chasseur réclame 96 000 $ à Claude Lavoie et à la Sépaq pour ne pas lui avoir redonné le panache. Le trophée est actuellement conservé dans une voûte au bureau régional des agents de la faune, à Matane. Il est évalué à plusieurs centaines de milliers de dollars par des experts.

De son côté, le guide Claude Lavoie poursuit Jérémy Boileau pour 275 000 $ pour atteinte à sa réputation. Cette poursuite est toutefois suspendue en attendant le jugement relatif au présent dossier.

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