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À un an de la légalisation du cannabis, les cégeps en mode solution

Le compte à rebours est commencé dans les cégeps : c'est la dernière rentrée avant la légalisation du cannabis au Canada, prévue pour juillet 2018. Fréquentés surtout par de jeunes adultes, les établissements collégiaux se pressent pour s'adapter à cette réalité imminente.

Un texte d’Alexandre Duval

« Ça vient vraiment très vite, j’oserais dire trop vite, parce que c’est très complexe », analyse André Roy, directeur des affaires étudiantes et communautaires au Cégep de Lévis-Lauzon.

Dès le printemps, lorsque le gouvernement fédéral a révélé les détails de son projet de loi, sa direction a entamé des discussions. Avec la rentrée 2017, il faut maintenant travailler à établir un plan d’action.

André Roy explique que même si le cannabis sera légal, la substance pourrait être interdite sur le campus.

Au Cégep Garneau, à Québec, une réflexion semblable s'amorcera la semaine prochaine.

« On ne tardera pas, dit la directrice des communications du Cégep Garneau, Sylvie Fortin. On ne veut pas arriver après que le train aura passé, comme on dit. On veut vraiment intervenir au moment opportun et agir en prévention, en sensibilisation et en information. »

Un comité composé d’étudiants, d’enseignants et de membres du personnel doit se réunir le 23 août et établir un calendrier de déploiement d’un plan de travail portant sur la légalisation du cannabis.

Plus d’intervenants psychosociaux?

Une panoplie de sujets sera à l’étude, comme la possibilité d’embaucher plus d’intervenants psychosociaux. La demande de ces services est d’ailleurs en hausse depuis quelques années, explique Mme Fortin.

« Il y a un plus grand nombre d’étudiants qui sont inscrits aux services adaptés. On en a à peu près 500 dans un cégep de 6000 étudiants. Ça fait beaucoup. »

La légalisation du cannabis demandera aussi au comité de se pencher sur le meilleur moyen d’informer la communauté étudiante.

Le sujet est d’autant plus d’actualité au Cégep Garneau qu'il est devenu 100 % sans fumée cette année.

Le Cégep de Sainte-Foy n’a pas encore de plan précis pour ce sujet brûlant, mais indique qu’il s’agira d’une de ses priorités de l’automne.

La légalisation du cannabis est aussi une préoccupation à l’Université Laval. L’établissement participera à la consultation du gouvernement du Québec le 24 août prochain dans la capitale et déposera un avis sur l’encadrement de cette drogue.

Un dossier très complexe

Si les établissements d’enseignement sont si préoccupés par le cannabis, c’est parce que le dossier est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, selon André Roy du Cégep de Lévis-Lauzon.

« Si on se met à en discuter, le premier réflexe c’est de penser à fumer de la marijuana, mais ce n’est pas que ça. C’est la question de la posséder, de la consommer sous plusieurs formes […] Disons qu’il est minuit moins cinq! », dit M. Roy.

En plus de consulter les membres du personnel, il indique que son cégep pourrait avoir recours à de l'expertise externe pour adapter ses règlements et ses codes de vie en fonction de la légalisation.

M. Roy espère aussi que le gouvernement provincial – qui aura la tâche de définir qui peut vendre et distribuer le cannabis au Québec – transmettra rapidement « des balises » au terme de ses consultations publiques qui prendront fin le 12 septembre.

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