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Accident mortel sur la 175 : une passerelle pour orignaux suggérée

L'accident mortel survenu en fin de semaine dans la Réserve faunique des Laurentides était évitable, selon un biologiste à la retraite du ministère des Transports du Québec, qui prône l'aménagement d'une passerelle pour orignaux au-dessus de la route 175 dans le secteur où s'est produit d'accident.

Yves Bédard n'était pas surpris d'apprendre qu'un accident a eu lieu au kilomètre 112, environ deux kilomètres après la fin des clôtures anticervidés.

Gilles Lessard, 58 ans, et sa conjointe Hélène Leblanc, 53 ans, tous deux de Donnacona, ont péri samedi soir après avoir heurté un orignal.

« On avait un projet à cet endroit-là précis de construire un passage faunique supérieur, c'est-à-dire par-dessus la route, et le clôturer. Prolonger les clôtures sans mettre de passage, c'est une perte de temps parce qu'on déplace le problème », soutient Yves Bédard, qui a travaillé pendant une dizaine d'années au projet de clôtures anticervidés le long de la 175.

Le projet de passage faunique d'environ quatre millions de dollars a été soumis au ministère, mais n'a pas été retenu.

« Il y avait des frais, mais quand on fait un projet de cette envergure-là, je pense que ça vaut la peine d'investir, surtout qu'on connaissait l'historique, qu'il y avait eu plusieurs accidents mortels à cet endroit-là précis », ajoute le biologiste.

Le problème était bien connu, dit-il.

Selon Yves Bédard, les orignaux seront de plus en plus fréquents à cet endroit.

« On est au bout de 16 kilomètres de clôture, sans passage. Donc, il y a une concentration de traversées qui se fait à cause [de la fin] des clôtures. D'autre part, c'est un secteur qui a été buché il y a 15-20 ans. Donc, il y a beaucoup de nourriture pour les animaux. Les populations sont en pleine croissance. »

Au lendemain de cet accident, le MTQ indique que le nombre d'accidents impliquant des animaux a diminué de 30 % depuis le réaménagement de la 175 et qu'il n'est pas question pour l'instant de prolonger les clôtures ou de construire un passage pour les orignaux.

Surpris par l'orignal

Au moment de l'accident, Gilles Lessard et Hélène Leblanc revenaient de Saguenay en compagnie de membres du Club Corvette Québec, dont ils faisaient partie.

Le président du Club, qui circulait derrière eux, indique que Gilles Lessard n'a pas eu le temps de freiner. « Il n'a jamais vu l'orignal sortir du terre-plein central, il l'a frappé de plein fouet », raconte Alain Lussier.

La Corvette des victimes a traversé le terre-plein central pour se retrouver dans la voie inverse avant de capoter dans le fossé. Les deux occupants sont morts sur le coup.

Alain Lussier dit avoir vu plus d'une fois des orignaux dans ce secteur. « Je ne comprends pas qu'il n'y a pas de clôtures. Avoir eu des clôtures, c'est sûr que cet accident-là ne serait jamais survenu C'est deux personnes qui seraient en vie aujourd'hui. »

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