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Accompagner sa mère jusqu'à la mort, dans la dignité

Des centaines de Québécois se sont prévalus de l'aide médicale à mourir depuis sa légalisation il y a plus de deux ans. Il y a ceux qui quittent ce monde, mais il y a aussi ceux qui accompagnent leurs proches jusqu'à la fin et qui restent. Voici le témoignage de Lorraine Lafond.

Il y a un an, la mère de Lorraine Lafond a été atteinte d'un cancer incurable.

Peu de temps avant sa mort, à l'âge de 98 ans, Gemma Blais Lafond a annoncé à ses proches son souhait d'avoir recours à l'aide médicale à mourir.

« C'est difficile à accepter, mais quand la personne qui le demande est déterminée, c'est difficile à refuser aussi », confie-t-elle.

Celle qui a accompagné sa mère jusqu’au dernier souffle croit qu’elle avait tout donné et, surtout, qu’elle ne voulait pas souffrir.

« À 98 ans, on peut se permettre d'avoir un dernier choix et de le faire sereinement. Elle l'a fait avec courage, détermination, et sereinement avec toute sa conscience, jusqu'à la fin », souligne-t-elle.

Sa mère avait deux rendez-vous possibles avec la mort : le lendemain ou une semaine plus tard. Gemma Blais Lafond ne voulait plus attendre, elle a choisi le lendemain.

Le jour J

Le conjoint de Lorraine Lafond, Denis Légaré, garde un bon souvenir de cette dernière journée.

« Je peux vous dire qu'on a ri cette journée-là jusqu'à la dernière minute. Pourquoi on serait malheureux après cela quand on a eu le temps de lui dire tout ce qu'on avait à lui dire? », soulève-t-il.

Aider les proches

La travailleuse sociale Michèle Girard, qui travaille auprès des malades en soins palliatifs ainsi que leurs proches, a accompagné la famille de Gemma Blais Lafond.

« J'ai toujours été préoccupée pour les proches qui vivent l'aide médicale à mourir ou non parce que c'est eux qui restent », souligne-t-elle.

Sans promouvoir l’aide médicale à mourir, elle affirme que le fait que la personne malade soit pleinement lucide au moment de sa mort peut aider les proches dans le processus de deuil.

Lorraine Lafond a pu faire ses adieux à sa mère. « Elle a dit : ''Je suis prête''. Là, on l'a tous entourée. En dedans de 10 minutes, c'était fini [...] elle était sereine », se souvient Lorraine Lafond.

D'après un reportage de Nicole Germain

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