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Agressée en joggant : « J'ai eu la certitude que j'allais mourir »

Une jeune femme qui a été violemment attaquée alors qu'elle courait le long de la rivière Saint-Charles, à Québec, a révélé des détails saisissants sur sa mésaventure, lundi, au jour 1 du procès de son présumé agresseur.

« J'ai eu la certitude que j'allais mourir et me faire agresser sexuellement, cette journée-là », a raconté Marie (nom fictif).

L’avocate dans la vingtaine a vécu le pire des cauchemars le 2 octobre 2015, lorsqu’elle a été attaquée par un inconnu alors qu'elle joggait paisiblement dans le Parc linéaire de la rivière Saint-Charles.

La jeune femme est heureusement parvenue à se libérer de l’emprise de son présumé agresseur. Le suspect a été arrêté par le Service de police de la Ville de Québec au terme d’une chasse à l’homme qui a duré environ une heure.

Alain Audet, 54 ans, fait aujourd’hui face à des accusations de voies de fait armées, voies de fait causant lésions, menaces de mort, séquestration et tentative de commettre une agression sexuelle.

Première témoin

Marie a été la première personne à témoigner à l’ouverture de son procès, lundi, au palais de justice de Québec.

L’avocate a raconté avoir remarqué un homme à l’apparence louche sur le sentier du parc linéaire, un endroit qu’elle affectionnait particulièrement pour faire son jogging.

Après avoir fait demi-tour pour rentrer à son domicile, elle a croisé l'individu sur une passerelle en bois qui enjambe la rivière Saint-Charles.

Elle a accéléré le pas, mais une à la hauteur du suspect, ce dernier aurait saisi son sac à dos avant de lui asséner un violent coup au visage.

« J'ai eu l'impression que j'avais reçu une brique en plein visage », s’est souvenue la joggeuse.

Quand elle a repris ses esprits, Marie avait le visage et le corps maintenus au sol par le poids de son agresseur. Ce dernier aurait alors tenté de l’étouffer avec un chandail en le portant à son visage.

« Tu vas perdre conscience »

L'agresseur lui aurait dit de se laisser faire, ajoutant qu'elle allait bientôt perdre conscience. Marie a raconté avoir tout fait pour ne pas respirer alors qu’elle avait le visage enfoui dans le chandail par crainte que celui-ci soit imbibé de drogue.

Ébranlée, le visage ensanglanté, elle a trouvé la force de se relever et s’est mise à crier. Son agresseur aurait alors brandi un couteau pour la menacer.

« Arrête de crier ou je vais te tuer », aurait intimé le suspect à la jeune femme, avant de l’entraîner à l’écart.

Craignant pour sa vie, la joggeuse a tenté de se calmer et d'engager le dialogue avec le suspect, tout en se mettant à chercher son cellulaire dans l'une de ses poches de vêtement.

Ayant aperçu la manœuvre, l’individu s’est emparé du téléphone pour le lancer dans la rivière Saint-Charles.

Diversion

La jeune femme a profité de cette diversion pour échapper à son agresseur et se sauver à toute vitesse vers le pont Scott, où elle a appelé des automobilistes à l'aide.

Après que les policiers eurent été alertés et se furent mis en route, la joggeuse est devenue hystérique.

« Mon cerveau a complètement lâché », a relaté la jeune femme.

Marie a subi un traumatisme crânien, une entorse cervicale, une fracture du nez en plus de souffrir de troubles de vision.

L’avocate, qui n’a pas toujours pas été en mesure de reprendre le travail depuis les événements, garde également d’importantes séquelles psychologiques à la suite de l’agression.

Le procès d'Alain Audet doit durer toute la semaine.

Avec les informations de Yannick Bergeron

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