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Agressions à l'Université Laval : le recteur Denis Brière sur la défensive

Critiqué de toutes parts pour son silence depuis les agressions survenues dans un pavillon des résidences de l'Université Laval, le recteur Denis Brière affirme qu'il ne s'est pas exprimé pour ne pas nuire à l'enquête en cours.

Denis Brière a pris la parole mardi pour la première fois depuis les événements. Il était aux côtés de la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, préoccupée par la situation, qui s'est rendue sur les lieux.

Le recteur, sur la défensive, a esquivé la plupart des questions sur la gestion de la crise et a surtout justifié le fait qu'il avait mis du temps avant de prendre la parole publiquement en soulignant qu'une enquête est en cours.

Le recteur affirme qu'une cellule de crise a été formée et que la priorité était de mettre en place des mesures pour sécuriser le campus. Il se défend de banaliser l'événement.

« Il n'en est pas question, que des événements comme ça se reproduisent sur le campus, et on va aller jusqu'au fond des choses », a-t-il dit.

La sécurité a été rehaussée « de façon significative » et le sera encore davantage si nécessaire, affirme le recteur Brière, qui, par ailleurs a eu peu de mots pour les présumées victimes. Il a précisé que de l'aide psychologique a été offerte sur le campus.

De son côté, la ministre David, qui a rencontré les associations étudiantes de même que la direction de l'établissement, se dit prête à aider financièrement l'Université si cela s'avérait nécessaire.

« Si l'Université Laval me dit : "On va peut-être avoir besoin de plus d'argent ou plus de moyens parce qu'on a identifié des failles dans la sécurité", c'est sûr qu'on sera au rendez-vous, le gouvernement. »

Les explications de M. Brière trois jours après les événements ne satisfont pas le responsable du syndicat des employés de soutien, Éric-Jan Zubrzycki.

« La première journée, même s'il y a une enquête, il aurait pu à tout le moins offrir ses sympathies à ces femmes-là. C'est des étudiantes, des jeunes filles qui arrivent ici. [...] C'était quoi, d'aller sur les lieux et simplement offrir son aide, son soutien? C'est le recteur qui avait ces responsabilités et il ne les a pas prises », soulève-t-il.

Un peu plus tôt, le professeur titulaire en science politique Thierry Giasson s'est dit « renversé par le manque d'empathie et de leadership des membres de la haute administration », qu'il a qualifié « d'injustifiable ».

Le maire de Québec, Régis Labeaume, estime quant à lui que la sortie du recteur arrive un peu tard. « Il y a des filles qui se sont fait agresser, il faut qu'elles sentent du soutien rapidement, ça peut juste venir des autorités et je trouve ça un peu tard. »

De son côté, le comité Femmes ULaval souhaiterait que l'Université s'active davantage pour venir en aide aux femmes victimes d'agressions sexuelles et mette de l'avant des campagnes de sensibilisation.

Alex Saulnier, membre du comité, déplore qu'une bannière de solidarité dénonçant la culture du viol et installée par le comité au pavillon Desjardins ait rapidement été retirée mardi matin.

« On n'a aucune collaboration de l'Université. On trouve que c'est un peu censurer, invisibiliser les actions qu'on essaie de mettre de l'avant pour cette problématique. »

La police de Québec enquête sur 11 plaintes, dont 4 de nature sexuelle, pour des gestes commis dans la nuit du 15 octobre aux résidences du Pavillon Alphonse-Marie-Parent.

Un rassemblement est prévu pour demain à 19 h sur le campus de l'Université Laval en soutien aux victimes. Le mouvement a été lancé par le professeur Thierry Giasson qui, lundi, a sévèrement critiqué la haute direction pour sa lenteur à communiquer avec les étudiants et le corps professoral.

Le rassemblement a par la suite été appuyé par la direction de l'Université Laval qui a invité l'ensemble de la communauté universitaire à y participer.

 

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