Retour

Agressions à l'Université Laval : « On a été complètement laissées à nous-mêmes »

Une des victimes alléguées des cas d'intrusions et d'agressions survenues aux résidences de l'Université Laval estime ne pas avoir obtenu toute l'aide que soutient avoir offert la direction l'institution. Geneviève (nom fictif) se sent plutôt laissée à elle-même au lendemain des événements.

La jeune femme qui veut préserver son anonymat réside au Pavillon Alphonse-Marie-Parent. Samedi, au petit matin, elle s'est réveillée et a aperçu un homme dans sa chambre. Sa porte n'était pas verrouillée, comme celle de la plupart des autres résidents.

Après, elle a perdu le fil des événements. De toute façon, elle ne peut pas donner les détails des gestes qui ont suivi pour ne pas nuire à l'enquête policière en cours. « J'ai été victime d'agression sexuelle » résume-t-elle.

C'est le discours tenu par la direction de l'institution qui l'a incitée à livrer sa version des faits. Elle a quitté le rassemblement organisé devant les résidences mercredi soir avant la fin, se désolant que l'Université profite de l'événement pour se faire du « capital politique ».

« Je suis très fâchée vis-à-vis de l'Université de nous avoir menti en nous regardant dans les yeux hier soir et, surtout, en nous disant qu'ils avaient tout fait pour nous alors que c'est totalement faux », soutient la jeune femme.

Geneviève soutient que l'Université « n'a jamais cherché à savoir qui [les présumées victimes] étaient, comment on allait ou si les mesures de sécurité qui avaient été mises en place par après étaient adéquates pour nous ».

Elle raconte notamment avoir elle-même fait les démarches pour obtenir une chaînette de sécurité sur sa porte, qu'elle barre en tout temps désormais.

Geneviève dit se sentir en sécurité malgré tout dans sa petite chambre. Elle appréhende maintenant le moment où elle va prendre pleinement conscience des événements.

« Je sais que le mur va arriver d'ici quelques jours, quelques semaines. Là, je suis encore dans une très grosse phase de déni. J'en parle de façon détachée, mais je sais que ça va arriver en un moment donné et ça va fesser. »

Par communiqué, l'Université précise que les victimes alléguées, dont Geneviève, ont été rencontrées par l'équipe du Service des résidences, du Service de sécurité et de prévention, les conseillers en relation d'aide de l'Université et le Service de police de la Ville de Québec.

Seules deux des 15 jeunes femmes n'ont pas accepté l'aide disponible, précise-t-on.

Le soutien offert « inclut toutes les ressources disponibles pour surmonter cette douloureuse épreuve », fait valoir l'Université. L'institution affirme également que ses équipes assurent un suivi auprès des étudiantes touchées.

L'Université se montre par ailleurs ouverte à fournir « les services requis » à celles qui estiment ne pas avoir obtenu tout l'aide nécessaire.

L'Université Laval annonce par ailleurs un resserrement des règles de sécurité dans toutes les résidences du campus.

À compter de vendredi 17 h, toutes les portes des quatre pavillons qui accueillent des résidences seront désormais verrouillées 24 h sur 24 h.

L'Université annonce également qu'elle tiendra une consultation auprès des résidents pour « atteindre un équilibre entre sécurité et qualité de vie ».

Plus d'articles