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Agressions à l'Université Laval : un professeur fustige la haute direction

Dans la foulée de la série d'agressions perpétrées dans les résidences de l'Université Laval, le professeur titulaire en science politique Thierry Giasson critique sévèrement la haute direction pour son mutisme.

« En tant que membre de cette communauté, je suis renversé par le manque d'empathie et de leadership des membres de la haute administration. C'est injustifiable », a-t-il écrit lundi sur sa page Facebook, à l'intention du recteur Denis Brière et du vice-recteur exécutif, Éric Bauce.

Mardi matin à l'émission Première heure, M. Giasson a répété ses propos en déplorant le manque de communication de la direction au moment où l'université vit « l'une des crises les plus difficiles des 10 dernières années. »

« On a su qu'il se passait quelque chose sur notre campus par les bribes d'information qui nous parvenaient des médias », raconte M. Giasson. Le professeur reproche aux deux dirigeants de n'avoir communiqué qu'une seule fois avec la communauté universitaire par le biais d'un communiqué envoyé par courriel, plus de 48 heures après les événements.

La mise sur pied d'une cellule de crise et la condamnation des gestes auraient dû survenir plus tôt, plaide-t-il. « C'est une situation délicate et difficile avec laquelle nos dirigeants doivent composer. Mais je trouve ça particulièrement embêtant que le recteur ne se soit pas lui-même prononcé. »

Lundi matin, l'Université Laval a choisi de déléguer une relationniste pour répondre aux questions des médias.

Hélène David à l'Université Laval

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, qui s'est dite « bouleversée » par les événements, promet de se rendre à l'Université Laval, mardi, pour « sentir elle-même le climat » et rencontrer les associations étudiantes, de même que la direction de l'institution.

« On se retrouve dans une situation qui est très anxiogène pour les femmes. Il est grand temps que l'on s'occupe de l'ensemble de la situation », constate-t-elle.

La ministre promet des agissements concrets du gouvernement pour protéger la communauté étudiante dans l'ensemble des institutions autant pour les questions d'agressions sexuelles, de consommation d'alcool et les débordements lors des initiations.

« Pas seulement pour offrir du soutien de bonne volonté, mais je veux absolument donner du soutien financier, donner une politique-cadre, travailler rapidement sur une politique-cadre pour toutes les universités et les collèges », a-t-elle affirmé à Radio-Canada.

La ministre David a d'autre part refusé de commenter la gestion de la crise à l'Université Laval se contentant de dire que la direction était « grandement préoccupée par les questions de sécurité. »

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