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Alain Perreault fixé sur sa remise en liberté la semaine prochaine

Alain Perreault, accusé du meurtre de Lyne Massicotte en 2003, saura la semaine prochaine s'il sera remis en liberté dans l'attente de son deuxième procès prévu à l'automne.

Le juge a pris la cause en délibéré après avoir entendu les deux parties lors de l'enquête sur remise en liberté, mercredi matin, au palais de justice de Québec.

Si Alain Perreault est remis en liberté, sa mère s'engage à verser une caution de 20 000 $. La dame de 80 ans a témoigné devant le tribunal en disant qu'elle serait prête à accueillir son fils le temps qu'il se trouve une résidence. La dame habite dans un modeste logement dans une résidence pour personnes âgées.

Appelé aussi à témoigner, Alain Perreault a fait valoir qu'il serait davantage en mesure de se préparer à subir son deuxième procès s'il était remis en liberté. « Le procès, c'est sûr, c'est la priorité. »

Perreault a rapidement perdu patience lors de son contre-interrogatoire. « Vous avez le tour de déformer tout ce que je dis », a-t-il lancé à l'endroit de la procureure de la Couronne qui le questionnait sur ses écarts de langage envers certaines agentes correctionnelles du Centre de détention de Québec, lors de son incarcération.

Le juge a d'ailleurs dû intervenir et ramener le détenu à l'ordre pendant l'audience.

La Couronne s'objecte

La Couronne soutient que le plan de remise en liberté proposé par la défense ne tient pas la route. Selon Me Lyne Morais, il est inconcevable que l'accusé loge chez sa mère alors qu'elle habite parmi des personnes vulnérables, dont la moyenne d'âge est de 87 ans.

La direction de l'établissement s'est d'ailleurs formellement opposée à ce qu'Alain Perreault emménage avec sa mère.

Me Morais est aussi revenue à maintes reprises sur le caractère « sordide » du crime dont Alain Perreault est accusé. Selon elle, il serait risqué de remettre l'accusé en liberté compte tenu de son « tempérament agressif ».

Les aveux de type « Mr. Big »

Arrêté en 2009, Alain Perreault a été reconnu coupable du meurtre de Lyne Massicotte et condamné à la prison à vie en 2011. La Cour d'appel a cependant ordonné un nouveau procès, statuant que le juge de première instance avait erré dans les consignes données aux membres du jury.

En mars dernier, la Cour suprême a refusé d'entendre la requête de la Couronne qui tentait d'empêcher la tenue ce nouveau procès.

Alain Perreault, maintenant âgé de 53 ans, a confessé avoir tué Lyne Massicotte lors d'une opération de type Mr. Big qui mettait en scène une fausse organisation criminelle vouée à obtenir les aveux d'Alain Perreault.

Depuis 2014, une décision de la Cour suprême rend ce type d'aveux plus difficile à faire admettre en preuve lors d'un procès.

Une preuve différente?

En vertu de ces nouvelles règles, l'avocat de la défense, Stéphane Beaudoin, juge que la preuve accumulée contre son client est beaucoup plus faible qu'à l'époque. Un facteur qui, selon l'avocat, devrait jouer en faveur de la libération d'Alain Perreault.

La Couronne rétorque que la preuve est toujours aussi accablante et que l'opération Mr Big a clairement démontré que l'accusé avait une propension à la violence.

La famille de Lyne Massicotte, assise au premier rang lors de l'audience, n'a pas souhaité commenter avant que le juge rende sa décision sur la requête de remise en liberté.

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