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Alcool au volant : le conjoint d'une victime livre un témoignage émouvant

Les représentations sur la peine de Gimi Pelletier qui a tué une connaissance alors qu'il conduisait avec les facultés affaiblies ont laissé place à des témoignages émouvants, au palais de justice de Montmagny.

Un texte de Yannick Bergeron

Le conjoint de Nika Morin, la dame qui a été happée mortellement le long de la rue principale à Saint-Pamphile, en août dernier, a raconté comment l'événement a bouleversé sa vie et celle des deux enfants du couple.

En plus des séquelles psychologiques subies, Jérôme Pelletier a perdu une vingtaine de livres. Ses enfants de 14 et 16 ans éprouvent beaucoup de la difficulté à vivre avec cette séparation soudaine.

« C'est une erreur qu'il a faite Gimi, qu'il paye pour », a exprimé le conjoint de la victime tout en se demandant comment arrêter le fléau de l'alcool au volant.

« Tout le monde, on a notre effort à faire pour que ça change », a-t-il souhaité. Tout au long de son témoignage, Jérôme Pelletier utilise le prénom de celui qui a tué la femme qui a partagé sa vie pendant près de 20 ans.

Contexte particulier

Le contexte est particulier puisque le chauffard et la victime proviennent tous les deux du petit village de Sainte-Perpétue.

Il y a quelques semaines, la famille de la Nika Morin s'est même retrouvée dans un souper avec les enfants de l'accusé. « J'essaie de rendre ça le plus normal [pour les enfants], même si ce ne l'est pas vraiment », a soutenu Jérôme Pelletier.

Le jour du drame, Nika Morin prenait une marche avec amie, Maryse Moreau, qui l'avait convaincue de se mettre à cette activité. C'était leur troisième marche ensemble. Mme Moreau a témoigné de la culpabilité qui l'accable depuis ce temps : « C'est comme moi qui lui ai offert d'aller marcher », a-t-elle témoigné.

« C'est lourd à porter »

D'une voix faible, Gimi Pelletier a pris la parole devant le juge Sébastien Proulx.

« C'est lourd à porter », a fait savoir l'homme de 45 ans qui avait un antécédent de conduite avec les facultés affaiblies qui remonte à 1993.

Le père de deux enfants, presque du même âge de ceux de la victime, s'est adressé à la famille de celle-ci. « Je suis vraiment désolé, je sais que c'est impardonnable ce que j'ai fait », a-t-il dit en espérant quand même que la famille de Nika lui accordera un jour son pardon.

Gimi Pelletier a perdu son père deux mois avant le drame. Il a expliqué qu'il avait du mal à gérer ses émotions à ce moment de sa vie.

Il entend profiter de sa peine de détention pour suivre des programmes afin de l'aider à contrôler sa consommation d'alcool. Une année avant le drame, l'homme avait été suspendu de son travail pour s'être présenté sous l'influence de l'alcool à l'usine.

Peine de 7 ans suggérée

La Couronne a suggéré une peine de 7 ans de prison pour Gimi Pelletier de même qu'une interdiction de conduire pendant 10 ans.

De son côté, la défense propose 3 ans et demi d'emprisonnement et qualifie la suggestion de la poursuite sur l'interdiction de conduire de « nettement exagérée. »

La décision sur la peine sera rendue le 23 novembre au palais de justice de Québec.

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