Retour

Alex Harvey stoppé en demi-finales aux mondiaux

Sur le podium de l'épreuve de sprint aux deux derniers Championnats du monde de ski de fond, Alex Harvey n'a pu répéter l'exploit cette année à Lahti.

Un texte de Manon Gilbert

Jeudi, en ouverture des mondiaux en sol finlandais, le Canadien a été éliminé en demi-finales pour finalement conclure au 12e échelon de l'épreuve de 1,6 km style libre.

« C’est certain que je visais un peu plus haut. Le sprint, c’est toujours une question de chance, de timing, d’opportunité à saisir, tout se passe très vite », a dit Harvey.

Médaillé de bronze en 2013 à Val di Fiemme (Italie) et d’argent en 2015 à Falun (Suède), les deux fois en style classique, Harvey avait conclu au 5e rang de la deuxième vague de demi-finales avant d’être relégué 6e et dernier pour obstruction sur le Norvégien Emil Iversen juste après le dernier virage.

C'est finalement l'Italien Federico Pellegrino qui a été sacré champion du monde. En tête de la spécialité en Coupe du monde, Pellegrino a débordé le Russe Sergey Ustiugov, gagnant du Tour de ski, dans les derniers mètres pour remporter son premier titre mondial. Jusque-là, il n'avait qu'une médaille aux mondiaux, le bronze du sprint par équipe en 2015.

Le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo a complété le podium.

Une neige qui ralentit

Treizième des qualifications, Harvey s'est retrouvé dans la cinquième et dernière vague de quarts de finale, la plus faible. Longtemps 6e et dernier, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges a ouvert les gaz dans l'ultime montée pour gagner deux rangs. Puis, dans la dernière ligne droite, Harvey y est allé d'une autre de ses classiques poussées pour se glisser 2e derrière Iversen et ainsi obtenir son billet pour le tour suivant.

« Aujourd’hui, il a neigé beaucoup entre les qualifs et les quarts de finale et ça faisait en sorte que la voie du milieu, où il y plus de trafic, était beaucoup plus rapide. C’était vraiment très difficile de faire des dépassements. Tout le monde était dans le même bateau, mais ça convenait mieux à ceux qui ont de bons départs. »

En demi-finales, le Québécois a justement amélioré cet aspect pour connaître l'un de ses meilleurs départs à ses dires. Troisième, il a cependant perdu du terrain dès la première ascension pour se retrouver 5e. Il a bien tenté de se repositionner dans la montée finale, mais il s'est retrouvé coincé à l'intérieur du virage en épingle qui suivait, comme en quarts de finale.

Sauf que cette fois, il a été incapable de revenir sur ses rivaux, d'autant plus que le Norvégien Finn Haagen Krogh et le Finlandais Ristomatti Hakola avaient déjà commencé à creuser l'écart.

Il a tenté le tout pour le tout pour gagner quelques rangs, mais à la sortie du dernier virage, le Polonais Maciej Starega a dévié dans sa ligne de course, ce qui a forcé Harvey à aussi changer de couloir. Ce faisant, il a alors accroché Iversen. Le fondeur a reconnu son erreur, mais s'explique mal sa relégation alors qu'Ustigov, qui a reçu un carton jaune en quarts de finale pour avoir agrippé la jambe d'un compétiteur en tombant, a poursuivi sa route jusqu'à la médaille d'argent.

« C’est l’une des critiques que tous les athlètes ont par rapport aux règles de la FIS, c’est très subjectif. [...] Pour moi, ça ne change rien, je n'étais plus dans la course. Alors, de finir 4e, 5e ou 6e (de son groupe)... »

Harvey n'aura pas le temps de ruminer son résultat puisqu'il reviendra en piste dès samedi pour le skiathlon (15 km classique/15 km libre), épreuve dans laquelle il détient le bronze des mondiaux de Falun.

Puis dimanche, il unira ses efforts à son compatriote Len Valjas dans le sprint par équipe ,où il tentera de mettre la main sur une deuxième médaille. En 2011, avec Devon Kershaw, Harvey avait fait la barbe aux Norvégiens en arrachant l'or chez eux à Oslo.

Déception pour Valjas

Souhaitons que Valjas connaisse une meilleure journée dimanche parce que l'entrée en scène de l'Ontarien à Lahti s’est avérée une vive déception. Comme les trois autres Canadiens en lice, il a été stoppé en qualifications.

Parti parmi les favoris, avec le dossard 13, le grand Torontois de 1,98 m (6 pi 6 po) a dû se contenter du 48e rang, à 17,16 s du temps de référence des qualifications établi par Ustiugov.

Pourtant avant les mondiaux, Valjas avait connu une bonne séquence en Coupe du monde avec quatre tops 10 depuis le début de l'année, dont une victoire au sprint libre par équipe avec Harvey à la mi-janvier à Toblach (Italie) et la 3e place historique au relais à Ulricehamn (Suède) la semaine suivante.

Harvey a eu une bonne discussion avec son coéquipier après les qualifications et, selon lui, il n'y a pas matière à inquiétude. D'autant plus qu'un problème de glisse pourrait être à l'origine de son insuccès jeudi. Reste que vendredi, Valjas aura droit à un entraînement intensif, question de décrasser la machine.

« Il manque un peu de rythme et de compétition, a expliqué Harvey. Avec les entraîneurs, ils se sont entendus pour que demain, il fasse une séance assez intense, assez difficle pour réveiller le corps.

« Si c’était quelqu’un d’autre, ce serait différent. Mais Lenny, c’est quelqu’un de très, très solide entre les deux oreilles et il est toujours capable d,amener son A game quand ça compte. »

Son compatriote albertain Jesse Cockney a terminé tout juste devant au 47e échelon, tandis que le Yukonnais Knute Johnsgaard a pris la 53e place.

Falla sacrée sans surprise

Côté féminin, la Norvégienne Maiken Caspersen Falla a décroché la médaille d'or.

Championne olympique et meneuse au classement de la Coupe du monde de la spécialité, Falla n'a laissé aucune chance à ses adversaires en avec un coup de reins lors de la montée menant vers l'arrivée de la course de 1,4 km. Elle a devancé les Américaines Jessica Diggins et Kikkan Randall par respectivement 1,66 et 3,76 secondes.

Dahria Beatty, aussi de Whitehorse, a offert la meilleure performance canadienne avec une 37e place. Les Québécoises Cendrine Browne et Katherine Stewart-Jones ont terminé respectivement 48e et 58e.

Plus d'articles