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Alice Paquet, victime présumée du député Sklavounos, se confie

Alice Paquet, qui soutient avoir été agressée sexuellement par le député libéral Gerry Sklavounos, s'est confiée à Anne-Marie Dussault à l'émission 24/60. Mme Paquet a expliqué que les policiers ne l'ont pas dissuadée de porter plainte, qu'elle avait décidé de laisser tomber ses démarches, influencée par des gens de son entourage, mais qu'elle se sent dorénavant prête à aller au bout du processus judiciaire.

« Quand je suis montée au micro pour le dire, c'était vraiment comme un élan du cœur pour être solidaire envers les survivantes de ce qui s'est passé aux résidences de l'Université Laval, mais c'était surtout pour lancer un message de dénoncer l'agresseur. Ce n'est pas un fardeau que j'enlève de mes épaules. C'est déjà fait. Mon cheminement personnel a été fait là-dessus. J'ai rencontré un psychologue, j'ai eu de l'aide. C'est pour lancer un message. Dites-le. Il faut arrêter de protéger les agresseurs », a-t-elle déclaré d'entrée de jeu.

Dissuadée par son entourage

Alice Paquet a contacté les policiers en mars 2016, soit un peu plus d'an après les faits allégués, qui remontent à 2014. La jeune femme de Québec s'est expliquée sur la façon dont elle a été reçue par les policiers. Lors du rassemblement de mercredi soir à l'Université Laval, l'étudiante avait affirmé que l'enquête n'avait pas « abouti » parce qu'elle avait été dissuadée d'aller de l'avant dans le processus de plainte.

« Quand je dis que l'enquête n'a pas abouti, ce n'est pas parce que l'enquêteur n'a pas essayé de me rejoindre, dit-elle. C'est moi. C'est partout autour de moi. On me disait : ''Il a des enfants, il a une femme, il est député, c'est un ancien avocat de la défense, il sait quoi faire, il sait à qui parler.'' Moi, je suis là, je suis une étudiante...je n'ai pas beaucoup de... je ne sais pas. Je me suis retrouvée vraiment seule là-dedans. »

Les policiers ont confirmé, jeudi, qu'ils avaient tenté de joindre l'étudiante à plusieurs reprises à la suite de sa première déclaration en mars 2016. Alice Paquet dit se sentir « écrasée et petite face à quelque chose de trop grand », mais a réaffirmé sa volonté d'aller de l'avant dans ses démarches et a annoncé qu'elle rencontrerait les policiers et les enquêteurs au cours des prochaines heures.

« Je n'ai jamais dit oui »

Mme Paquet dit avoir rencontré son présumé agresseur dans un restaurant de Québec, où elle travaillait comme hôtesse. La jeune femme soutient que le député était un bon ami du patron. Après avoir discuté brièvement de politique, Gerry Sklavounos, qui serait venu au restaurant en compagnie d'autres politiciens, aurait invité Alice Paquet à prendre un verre.

Au terme de la soirée, les deux se seraient rendus dans une chambre, située en haut du restaurant. Elle explique qu'elle était consentante jusqu'à un certain moment. « [La police] a posé la question à savoir si le "non" avait été dit clairement. Non, je ne sais pas si je l'ai dit clairement. Je ne sais pas. Je sais qu'à ce moment-là, je n'étais pas bien dans la relation sexuelle et que je voulais partir », a-t-elle relaté.

Alice Paquet dit avoir subi des séquelles physiques après sa première rencontre avec Gerry Sklavounos. Elle dit s'être rendue le lendemain à l'hôpital, où elle a été prise en charge. Une trousse médico-légale lui aurait notamment été fournie afin d'effectuer des prélèvements.

Mme Paquet soutient avoir rencontré Gerry Sklavounos à une deuxième reprise. Elle admet ne pas savoir pour quelle raison elle a accepté de le rencontrer à nouveau. « J'étais vraiment mêlée [...] je suis retournée, je ne sais pas avec quelle idée », explique-t-elle.

Alice Paquet affirme avoir été violentée au cours de ces deux rendez-vous.« Ça m'a donné une vision vraiment tordue de ma sexualité [...] j'ai perdu la notion [de consentement]. Et pourtant, j'en parle souvent de consentement sexuel, je le dis souvent aux autres. Et dans mon cas, j'ai comme perdu la mappe. »

La jeune femme ne peut pas non plus confirmer avec certitude qu'elle a clairement exprimé un refus durant la deuxième rencontre. Elle évoque toutefois à nouveau la notion de consentement. « Je ne lance pas cette bombe-là que j'ai lancée hier avec des "je ne suis pas sûre" et des incertitudes. Je n'ai jamais dit oui », a-t-elle affirmé.

« Est-ce que sa carrière vaut plus que ce que j'ai vécu? »

À la demande de la présidente du caucus du gouvernement, Nicole Ménard, Gerry Sklavounos a quitté le caucus libéral et siégera dorénavant comme indépendant. Alors que les partis d'opposition sont allés jusqu'à réclamer sa démission jeudi, en fin de journée, le député de Laurier-Dorion a affirmé au Journal de Montréal qu'il était innocent.

« Je suis complètement innocent dans cette affaire-là. Je n'ai jamais, mais jamais, dans ma vie, agressé sexuellement quiconque », a-t-il maintenu. Le député a ajouté qu'il allait se battre « pour blanchir sa réputation ».

Alice Paquet a commenté le retrait de Gerry Sklavounos, en évoquant le malaise qu'elle ressentait en le voyant prendre part à des activités politiques. « C'est ça que je trouvais aberrant parce qu'il continuait de prendre des décisions. Il continuait de vivre sa vie comme si de rien n'était alors qu'il m'a agressée sexuellement. Ce n'est pas à prendre à la légère », soutient-elle.

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