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Allégations d'inconduite sexuelle : le Domaine Forget se dissocie de Françoys Bernier

Le nom de Françoys Bernier n'est désormais plus associé au Domaine Forget de Charlevoix. Le conseil d'administration de l'organisme en a décidé ainsi lundi après-midi, après la publication d'un reportage qui allègue une inconduite sexuelle de la part du fondateur du Domaine.

Un texte d’Alain Rochefort

La salle de concert du Domaine Forget changera donc d’appellation. De plus, le nom de Françoys Bernier ne sera plus associé avec les grands partenaires d’affaires de l’organisation.

« C’est un retrait immédiat et permanent. On ne corrobore pas. On ne fera pas de validation. On est une équipe de 14 personnes […] Les gens sont bouleversés, alors on va les encourager à faire ce qu’ils doivent bien faire », affirme Louise St-Pierre, présidente du conseil d'administration du Domaine Forget de Charlevoix.

Allégations d’attouchements répétés

Cette décision fait suite à un reportage publié lundi par Le Soleil sur des allégations d’inconduite sexuelle de la part de Françoys Bernier, un ex-musicien réputé, à l’endroit de sa nièce Sophie Bernier, alors âgée de 14 à 17 ans.

Bisous, « colles », caresses, attouchements répétés : le portrait qu’elle dresse de son oncle est accablant.

Sophie Bernier s’est également confiée lundi sur les ondes de Radio-Canada lors de l'émission du retour animée par Catherine Lachaussée.

Mme Bernier fait cette sortie au nom de la justice, et non pas par souci de vengeance 24 ans après la mort de son oncle.

« Un ami très cher m’a dit : “Sophie, la justice n’a pas de date de péremption.” C’est pour ça que je suis là aujourd’hui. Parce que je me suis tue pendant 37 ans. Je pense que je peux aider d’autres femmes à sortir du silence », raconte-t-elle.

Mme Bernier convient que son oncle a droit à la présomption d’innocence. Elle se dit toutefois convaincue que d’autres voix se feront entendre au cours des prochains jours quant aux agissements de l’ancien musicien à l’égard des femmes.

« C’est impossible que des gens qui [l'ont côtoyé à] cette époque-là n’aient rien vu de ce qui se passait, même au Domaine », mentionne-t-elle.

L’affaire Weinstein

Mme Bernier peine encore à croire qu’elle est parvenue à sortir de ce long silence de 37 ans. L'affaire Weinstein, aux États-Unis, et les histoires impliquant Éric Salvail, Gilbert Rozon et Gilles Parent, au Québec, l’ont fait se remettre en question.

« Autant je n’ai pas l’impression que c’est moi pour l’instant qui parle, autant je sais que moi, ça fait longtemps que je veux parler », ajoute-t-elle.

Tout comme son oncle, Sophie Bernier a travaillé à l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), où elle a agi à titre de chef de développement de 2012 à 2014.

L’organisation tient à lui offrir tout son soutien et « salue son courage ». Elle souligne également qu’il n’existe aucune reconnaissance dont la toponymie rappelle le passage de Françoys Bernier à l’OSQ.

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