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Anacolor pourrait déménager son usine à certaines conditions

Le propriétaire de l'entreprise Anacolor est prêt à écouter l'offre de la Ville de Québec pour déménager son usine de Cap-Rouge, qui fait l'objet de nombreuses plaintes du voisinage. Éric Nadeau n'a pas l'intention toutefois de céder son terrain à n'importe quel prix.

« Ç'a été dit hier au conseil municipal, mais pour l'instant on n'a pas eu d'appel de personne de la Ville », a précisé M. Nadeau à l'émission Première heure, à Radio-Canada. Le propriétaire s'est dit surpris que la Ville de Québec annonce ses couleurs publiquement à ce moment-ci.

Lundi soir, l'administration Labeaume a promis de formuler une offre, dès cette semaine, pour acheter le terrain de l'usine de peinture Anacolor, « à la valeur marchande moins la décontamination », a précisé le maire en mentionnant qu'il ne savait pas si le terrain était contaminé.

Éric Nadeau confirme pour sa part que ce n'est pas le cas. À lui seul, le terrain est évalué à 800 000 $. Le propriétaire insiste sur le fait que rien n'est prévu pour l'acquisition du bâtiment. Il devra donc étudier la situation pour ne pas compromettre la rentabilité de son entreprise.

« On va voir l'offre et va voir nous aussi combien ça va nous coûter pour un éventuel déménagement. Mais on est conscient qu'on va sûrement avoir une perte là-dedans. On va attendre la proposition de la Ville », répète M. Nadeau.

Changement de zonage

La Ville de Québec a déjà déposé une demande de changement de zonage au conseil d'arrondissement dans le dossier. Le terrain d'Anacolor et le terrain adjacent, autrefois un garage municipal, seraient convertis en zone résidentielle plutôt qu'industrielle. La proposition fera l'objet d'une consultation publique le 2 novembre.

Grâce à cette modification de zonage, l'entreprise perdra ses droits acquis et ne pourra pas reconstruire en cas de sinistre.

Entre mars 2013 et août 2014, Anacolor a reçu cinq avis de non-conformité du ministère de l'Environnement qui, dans son dernier certificat d'autorisation publié en septembre, oblige l'entreprise à diminuer ses émissions polluantes de 90 % d'ici le 1er février.

Le propriétaire de l'entreprise, Éric Nadeau, conteste cette exigence devant le Tribunal administratif du Québec.

Lundi, Démocratie Québec a par ailleurs accusé l'administration Labeaume de fermer les yeux sur les pratiques de l'usine Anacolor parce que l'entreprise a réalisé un important contrat de peinture au Centre Vidéotron, en octobre 2013, à titre de sous-traitant pour Epsylon Concept inc.

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