De nature discrète et réservée, Anne-Marie Comeau a fait grand bruit mercredi lors de la dernière journée des sélections olympiques de ski de fond au Mont-Sainte-Anne. L'athlète de 21 ans a terminé troisième du 10 km en style classique et elle a fait, du même coup, un pas de plus vers la Corée du Sud.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Après deux ans d’absence de la compétition, Anne-Marie Comeau a concrétisé de belle façon son retour surprise parmi l’élite du ski de fond au pays.

Son résultat de mercredi, jumelé à sa deuxième position lors du skiathlon lundi, lui confère une place au sein de l’équipe canadienne provisoire en vue des Jeux olympiques de Pyeongchang.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça, a-t-elle lancé calmement au terme de la course. Je ne réalise pas trop, mais je suis super contente. Ça va me "crinquer" jusqu’aux olympiques, si je suis sélectionnée. »

Satisfaire la FIS

Si la fondeuse touche presque à son rêve olympique, rien n’est encore dans la poche. La jeune athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges doit maintenant remplir les exigences de la Fédération internationale de ski (FIS) pour mériter son billet pour Pyeongchang.

Les athlètes qui souhaitent participer aux JO doivent avoir participé à un minimum de cinq courses homologuées par la FIS durant la dernière année. Anne-Marie Comeau n’en compte que trois à son actif.

Comme la FIS annonce officiellement le 21 janvier le nombre de places attribuées à chaque équipe nationale pour les prochains Jeux d’hiver, Anne-Marie devra participer à deux autres courses de distance d’ici cette date.

Une fois ce dernier critère rempli, le nom d'Anne-Marie Comeau pourra se retrouver sur la liste de l'équipe canadienne olympique, dévoilée elle, le 23 janvier.

Un retour inattendu

Un des plus beaux talents du ski de fond féminin au Canada, Anne-Marie Comeau a quitté la compétition en 2015 pour se concentrer à son autre passion : la course à pied.

Elle a fait partie des équipes de cross-country et d’athlétisme du Rouge et Or de l’Université Laval, avec qui elle a connu beaucoup de succès.

Bien qu’elle ait délaissé l’entraînement spécifique du ski du fond, elle n’a jamais abandonné ce sport hivernal qu’elle a découvert alors qu’elle n’avait que 8 ou 9 ans.

En novembre dernier, Anne-Marie Comeau a fait part de ses intentions à ses parents de participer aux sélections olympiques, après qu’elle ait appris que les épreuves auraient lieu dans sa cour, au Mont-Sainte-Anne.

« Là, on l’a regardée... “Anne-Marie, tu ne fais plus de ski de compétition depuis deux ans. Tu ne penses pas qu’il faudrait que tu fasses une couple de courses avant? » raconte son père Marc.

La famille Comeau prévoyait alors un voyage dans l’Ouest canadien le mois suivant. Anne-Marie s’y est donc rendue pour prendre part aux épreuves du circuit Noram, à Vernon en Colombie-Britannique. Il s’agissait de ses premières compétitions depuis décembre 2015.

Dans son ADN

En plus de surprendre ses rivales sur les pistes du Mont-Sainte-Anne, les performances d’Anne-Marie ont aussi étonné papa Comeau.

Surtout parce sa fille, qui ne profite plus du soutien des commanditaires de l’équipe nationale, a réussi ses performances sur « les vieux skis » qu’elle avait utilisés à 15 ans lors des championnats du monde juniors en Turquie.

Selon lui, les succès d’Anne-Marie s’expliquent par le fait qu'elle est « une fille qui, sincèrement, aime le sport, aime s’entraîner ». Mais aussi, parce qu’elle est revenue au ski de fond pour les bonnes raisons.

« Parfois, les athlètes quittent un sport. S’ils aiment vraiment ce sport, ils le refont. Mais là, ils le font avec le coeur, avec le plaisir et c’est exactement ce qui s’est passé pour elle. »

Revenir pour le plaisir du sport et en retirer une participation olympique, voilà tout de même une idée qui plait à Anne-Marie Comeau.

« C’est tellement un rêve que j’ai depuis que je suis toute jeune, de participer aux Jeux olympiques. Si j’ai la chance de le faire en ski de fond, c’est sûr que je serais super contente de ça et super fière aussi! »

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