Une entreprise de Québec spécialisée dans le traitement de l'eau, H2O innovation, prévoit atteindre un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars dans l'année à venir grâce à ses dernières acquisitions et à ses nombreux contrats dans plus de 40 pays.

Un texte de Guylaine Bussière

Le traitement et la valorisation de l'eau sont au cœur des préoccupations partout dans le monde et la ville de Québec ne fait pas exception.

Le président et fondateur d'H2O innovation, Frédéric Dugré, croit que la capitale pourrait devenir une véritable référence dans le domaine. Il imagine déjà un centre d'excellence dans le traitement de l'eau qui pourrait, par exemple, s'installer à la baie de Beauport.

Au fil des ans, H2O innovation a développé l'expertise nécessaire pour jouer un rôle de leader dans les technologies de traitement de l'eau.

« On voit de plus en plus des entreprises et des technologies qui émergent [...] pour améliorer le traitement de l'eau. On aurait intérêt à unir notre savoir-faire derrière un projet commun pour pouvoir justement faire émerger Québec comme une plaque tournante dans le traitement de l'eau », explique le président.

Saisir l'opportunité

L'entreprise est née il y a 16 ans dans la foulée de la tragédie de l'eau contaminée de Walkerton, une petite communauté ontarienne frappée par la pire épidémie de bactérie E. coli de l'histoire du pays, qui a fait 7 morts.

Ce drame a fait ressortir les failles du système de contrôle de l'eau potable à l'aide de produits chimiques. Frédéric Dugré y voit à ce moment une occasion d'affaires et lance son entreprise spécialisée en filtration membranaire.

« J'étais convaincu que ça allait partir puis qu'on allait gagner des projets rapidement parce que les besoins étaient là. La filtration permet d'enlever les agents contaminants. Ça peut être du sel, mais aussi des bactéries, des pathogènes et des hormones, qui font partie des nouveaux problèmes qu'on voit de plus en plus émerger. »

Malgré l'enthousiasme du jeune détenteur d'un baccalauréat en génie mécanique de l'Université Laval, H20 innovation a connu au fil des ans son lot de difficultés. Sans la loyauté de ses employés, l'entreprise n'aurait pas survécu.

« J'ai pensé fermer les portes. On avait une usine à Ham Nord qui fonctionnait couci-couça. Je n'avais pas assez de contrats, c'était hyper difficile au niveau financier. J'arrivais un point ou j'étais plus capable de faire les paies. »

Frédéric Dugré s'ouvre alors à ses employés qui décident tous de rester à ses côtés, travaillant avec leurs manteaux pour lutter contre le froid qui régnait dans l'usine où il n'y avait plus de chauffage.

De trois employés à ses débuts, la compagnie en compte maintenant 580. Ses produits et solutions de traitement de l'eau sont conçus dans trois usines dont celle de Ham Nord, au Québec, et le siège social de l'entreprise mondialement reconnue demeure à Québec, dans le quartier St-Roch.

En avril dernier, H20 innovation a remporté le prestigieux prix de Water Technology Company of the Year aux Global Water Awards à Abu Dhabi.

Perspectives d'avenir

Avec le Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées lancé en juillet dernier, les gouvernements fédéral et provincial mettent à la disposition des municipalités une enveloppe 664 millions de dollars.

Le maire Régis Labeaume a déjà manifesté son intérêt à profiter de cette occasion pour investir dans le traitement de l'eau, un dossier qui lui tient particulièrement à cœur.

Tout semble indiquer que pour Frédéric Dugré et ses employés, le travail ne manquera pas au cours des prochaines années.

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