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Après deux décennies à rêver, Gabriel Girard ira enfin aux Olympiques

Depuis plus de 20 ans, Gabriel Girard cherchait une façon de réaliser son rêve olympique. L'ancien patineur de vitesse du club de Donnacona devenu aujourd'hui entraîneur n'a plus besoin de chercher, il a finalement trouvé la solution en Allemagne.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Gabriel Girard vient d’être choisi parmi le trio d’entraîneur de l’équipe olympique allemande de patinage de vitesse sur longue piste pour les prochains Jeux d’hiver.

Le québécois collabore avec Patrick Beckert depuis trois ans. Ce patineur de la formation allemande est spécialiste de la longue distance et un espoir de médaille à l’épreuve du 10 000 mètres.

« J’y arrive enfin. J’y rêvais comme athlète. Je suis juste soulagé d’y aller par la grande porte et juste de me concentrer sur la préparation de mon athlète et d’obtenir des résultats escomptés », souligne-t-il.

Attente et angoisse

S’il est tant soulagé, c’est que le doute planait sur sa présence en Corée du Sud.

Même si Gabriel Girard est un entraîneur étranger, l’équipe allemande souhaitait sa présence à Pyeongchang pour accompagner Patrick Beckert.

Le choix final revient au comité olympique allemand qui aurait pu décider de n’envoyer que l’entraîneur en chef et son adjoint, excluant ainsi l’entraîneur originaire de Portneuf.

Comme pour ajouter à l’angoisse, la veille de l’annonce, Gabriel a même participé à l’essayage des vêtements de l’équipe olympique allemande, sans savoir s’il serait à Pyeongchang pour les porter. Heureusement, la bonne nouvelle est tombée le lendemain.

Plan B

Ne reculant devant rien pour obtenir son billet pour Pyeongchang, Gabriel Girard avait même déjà en tête un « plan B » au cas où l’Allemagne déciderait de ne pas l’inclure au sein de son équipe.

L’entraîneur de 32 ans était en négociation avec ses amis de l’équipe de la Nouvelle-Zélande pour obtenir une accréditation de leur part et ainsi s’assurer d’être présent pour superviser la préparation de son athlète allemand sur le site olympique.

« [La Nouvelle-Zélande], c’est un pays qui n’a pas une tradition en patinage de vitesse sur glace, alors je leur donne un coup de main en m’occupant de travailler leurs lames en compétition. Eux, ça leur garantissait d’avoir un technicien à portée de main en cas de pépin aux Jeux olympiques », raconte-t-il.

Les premiers...et derniers JO?

Avant même d’avoir vécu ce moment dont il rêve depuis des années, Gabriel Girard réfléchit déjà à la possibilité que ses premiers Jeux olympiques soient ses derniers.

Son rôle d’entraîneur itinérant l’oblige à travailler dans des conditions précaires. À moins que le Canada ne lui offre un poste intéressant chez lui, il devra réfléchir à son désir de s’impliquer pour un autre cycle olympique.

« On me demande souvent: “Tu habites où?” J’habite dans ma valise. Un moment donné, ça use. Les contrats en Europe, c’est un an, deux ans, maximum quatre ans. Ce ne sont pas des conditions favorables pour établir une famille », lance celui qui aussi collaboré avec les équipes canadienne, suisse, italienne et néerlandaise.

De plus, Gabriel Girard, qui est également enseignant à temps partiel, caresse le souhait d’être directeur d’école un jour.

« La situation de l’éducation, ça me touche vraiment à coeur. Ce n’est pas valorisé comme ça devrait l’être. Les écoles ne sont pas en très bon état. Le système de l’éducation ne fonctionne pas très bien. Je vois la position de directeur d’école comme une qui a un impact sur les élèves », explique-t-il.

Avant la réflexion, viendra toutefois le plaisir. Celui de réaliser ce rêve, né devant son téléviseur à regarder Marc Gagnon, Annie Perreault et Isabelle Charest remporter des médailles pour le Canada aux Jeux de Nagano en 1998.

« Je veux vraiment savourer ces deux semaines-là que je vais avoir aux Jeux. Je vais essayer de prendre le maximum de souvenirs, de photos, d’expériences et espérer le mieux pour mon athlète », conclut-il.

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