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Armes à feu : cri du coeur d'un père en deuil de son fils

Le père du policier Thierry LeRoux tué en service dans la communauté autochtone de Lac-Simon en Abitibi, en 2016, lance un appel au ministre de Sécurité publique, Ralph Goodale. Michel LeRoux demande que les gouvernements restreignent davantage l'accès aux armes à feu dans le cas de personnes éprouvant des problématiques de santé mentale.

Un texte de Maxime Corneau

Dans la nuit du 13 février 2016, le fils de Michel LeRoux a été atteint mortellement par deux projectiles alors qu’il répondait à un appel pour un homme armé qui présentait des signes de détresse. Ce dernier, Anthony Raymond Papatie, s’est enlevé la vie après avoir fait feu sur le policier.

Michel LeRoux souhaite prévenir de tels drames.

« Je veux qu’on donne une chance à nos premiers intervenants de ne pas être des pigeons d’argile lorsqu’ils font des interventions », lance Michel LeRoux, la gorge toujours nouée d’avoir perdu son fils. L'homme a envoyé lundi une lettre à l'intention du ministre Ralph Goodale afin qu'il change la législation entourant les armes à feu.

Michel LeRoux n’a qu’un seul combat : il souhaite empêcher l'accès aux armes à feu pour les personnes ayant des problématiques de santé mentale ou des antécédents violents.

« Il y a des gens qui possèdent des armes à feu qui ont des antécédents violents, qui sont suicidaires et qui, malgré tout, ont leurs armes », déplore-t-il. Il note au passage les tueries du Collège Dawson, de la Polytechnique et de la mosquée de Québec où les accusés avaient des antécédents connus de santé mentale.

Il soutient que les armes du meurtrier présumé de son fils avaient été saisies dans le passé en raison de ses tendances suicidaires. Toutefois, en septembre 2015, sous ordre de son supérieur, Thierry LeRoux avait dû remettre les armes à Anthony Raymond Papatie, affirme le père.

« On est obligé d’attendre qu’il y ait des drames familiaux et sociaux pour qu’on réagisse? On ne peut pas faire autrement? », questionne le père, qui veut maintenant des actions concrètes du ministre.

Le ministre de la Sécurité publique du Canada a promis que la Loi sur les armes à feu sera transformée d’ici la fin de l’année. Les changements liés à la santé mentale ne sont toutefois pas encore précisés.

Martin Coiteux, le ministre de la Sécurité publique du Québec, aurait lui aussi reçu une copie de la lettre de Michel LeRoux. M. LeRoux espère qu’il aura une réponse rapide des deux ministres.

« Il y a Thierry qui est une victime, et le meurtrier. Si on les avait bien encadrés, aujourd’hui, ces deux personnes-là seraient en vie. Un qui serait en voie de s’améliorer au niveau de sa condition et l’autre qui serait en train de vivre une belle carrière et probablement qu’il serait auprès de sa conjointe », conclut Michel LeRoux.

M. LeRoux déplore par ailleurs que le coroner, dans son rapport sur l’intervention policière qui a coûté la vie à son fils, n'ait fait aucune recommandation. Le coroner concluait que Thierry LeRoux pourrait « avoir agi avec un excès de confiance ».

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