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Arrêt des procédures contre un Hells Angel et trois coaccusés

C'est un autre coup dur porté à la lutte antidrogue. L'un des membres fondateurs des Hells Angels de Québec, Richard « Bob » Hudon, et trois autres présumés trafiquants ont obtenu un arrêt des procédures au palais de justice de Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

Richard Hudon, Simon Harvey, Oscar Lessard et Christian Roberge avaient été arrêtés il y a cinq ans dans le cadre de l'opération Vautour et avaient même plaidé coupables il y a un an aux accusations de trafic de stupéfiants auxquelles ils faisaient face.

Les avocats des quatre hommes ont toutefois demandé un arrêt des procédures après avoir appris qu'un délateur avait menti à la police.

Ce délateur a été congédié par la Sûreté du Québec (SQ) quelques mois après avoir plaidé coupable.

« En d'autres mots, le procureur de la poursuite a offert au tribunal un témoin taré qu'il savait non crédible, présentant de graves problèmes de fiabilité et désavoué par la SQ », s'étaient plaints les avocats des accusés dans leur requête en arrêt des procédures.

Ils ont aussi soulevé les délais déraisonnables pour demander la libération de leurs clients.

Le juge François Huot a prononcé l'arrêt des procédures, vendredi après-midi, sans attendre d'avoir terminé d'en écrire les motifs.

Occupé par un autre procès, il a tenu à rendre sa décision rapidement avant d'avoir le temps d'en expliquer les raisons, ce qu'il entend faire au début décembre.

Après plus de 60 mois de procédures, il a quand même expliqué qu'il se basait sur le récent arrêt Jordan de la Cour suprême sur les délais judiciaires.

« De ce qu'on comprend de ce que le juge Huot a mentionné en salle de cour, il y a tout l'aspect divulgation de la preuve qui était à mon avis très problématique pour la poursuite et qui est devenu de plus en plus problématique au fur et à mesure que le dossier avançait », estime Me Charles Levasseur, avocat de Simon Harvey et Oscar Lessard.

Il est encore trop tôt pour déterminer si des poursuites seront entamées contre le ministère public. « On va attendre les motifs, puis pour le reste, s'il y a des choses à faire, on verra », a commenté Me Jacques Normandeau, avocat de Richard Hudon.

C'est la deuxième fois que la Couronne et la police échouent à faire condamner Richard Hudon.

Son arrestation dans le cadre de l'opération Vautour est survenue quelques mois à peine après qu'il eut obtenu un arrêt des procédures en marge de l'opération SharQc.

Un à un, le juge Huot a fait venir devant lui les trois accusés qui n'étaient pas détenus pendant le processus judiciaire pour leur annoncer qu'ils étaient libres de toutes accusations.

Quant à Richard Hudon, qui est en prison depuis son arrestation en novembre 2011, il est demeuré au banc des accusés les menottes aux poings pour entendre la décision.

« J'accueille votre requête, j'ordonne votre libération immédiate, vous êtes un homme libre », a solennellement annoncé le juge Huot.

Même s'ils espéraient un tel résultat, les quatre hommes semblaient ne pas en croire leurs oreilles. L'un d'eux a même essuyé des larmes dans la salle d'audience.

« Je vais pouvoir sortir sans regarder l'heure ce soir », s'est exclamé Simon Harvey, qui devait respecter un couvre-feu depuis sa remise en liberté il y a cinq ans.

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