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Attaque à la machette: une vie volée par « un fou »

Défigurée à la suite d'une sauvage attaque à la machette, une femme de Québec vit difficilement avec le regard des autres.

Un texte Yannick Bergeron

« Quand je vois le monde me regarder comme un monstre, c'est quelque chose », a témoigné Kathy Bolduc devant le juge qui doit déterminer la peine de son agresseur.

Le 28 octobre 2015, c'est Yannick Fortin qui s'est transformé en monstre.

Kathy Bolduc était restée dormir chez une amie dans le quartier Limoilou. Le frère de cette dernière, Yannick Fortin, s'est alors emparé d'une machette d'une trentaine de centimètres.

En pleine psychose toxique déclenchée par sa consommation de drogue, Yannick Fortin s'en est pris à Kathy Bolduc qui dormait sur le divan.

La victime sera hospitalisée pendant 4 jours pour refermer des plaies de 70 cm sur sa tête et son visage.

Il faudra une plaque de métal et six vis pour refaire son nez. Une longue cicatrice traverse maintenant son visage entre sa bouche et son oreille droite.

Un an et demi après l'agression, elle doit encore subir des chirurgies et souffre toujours. Elle avale 17 pilules par jour pour soigner ses blessures autant physiques que psychologiques.

Elle n'arrive plus à dormir se réveillant au moindre bruit. « Je vais toujours voir si la porte ou les fenêtres sont bien fermées », raconte la femme de 28 ans.

De lourdes séquelles

Après l'agression, elle est retournée vivre chez ses parents, mais elle avait même peur d'eux, Yannick Fortin étant aussi « quelqu'un que j'aimais beaucoup » raconte la victime en sanglotant, alors qu'à quelques mètres d'elle au banc des accusés, l'agresseur ferme les yeux.

Se décrivant comme une femme débordante d'énergie avant l'agression, Kathy Bolduc a maintenant de la difficulté à accomplir de simples tâches ménagères.

Elle apprivoise la vie avec les séquelles du traumatisme crânien qu'elle a subi et qui lui occasionne des problèmes de concentration et de mémoire.

« La seule chose que j'aimais sur moi a été détruite à tout jamais, c'est mon visage », a exprimé avec émotion madame Bolduc.

Enfance difficile

D'abord accusé de tentative de meurtre, Fortin a plaidé coupable en janvier à une accusation réduite de voies de fait mettant la vie en danger.

Pour ce geste « totalement gratuit », l'avocat de la poursuite réclame entre cinq ans et demi et sept ans et demi de prison.

De son côté, l'avocat de la défense estime qu'une peine de trois ans et demi serait suffisante pour le jeune homme qui en est à ses premiers démêlés avec la justice.

Me Simon Roy fait valoir que l'agresseur a eu une enfance difficile « même si ça n'excuse en rien les gestes posés ».

Yannick Fortin a été victime de sévices physiques et sexuels en plus d'avoir un parcours scolaire difficile en raison d'une légère déficience intellectuelle.

« Si monsieur Fortin possédait une baguette magique, il voudrait effacer la journée du 28 octobre 2015. C'est la pire journée de sa vie », a illustré Me Roy.

L'avocat fait valoir que le jeune homme éprouve des remords sincères pour la victime.

Yannick Fortin a par contre répondu par la négative à la fin de l'audience lorsque le juge lui a demandé s'il souhaitait s'exprimer, ce qui a déçu la victime.

Le juge Jean Asselin a pris la cause en délibéré. Il prononcera la peine de Yannick Fortin le 31 août.

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