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Attentat de Québec : des montants records du fédéral pour améliorer la sécurité

EXCLUSIF – L'attentat du 29 janvier amène le gouvernement fédéral à dépenser plus d'argent que jamais pour sécuriser les communautés à risque d'être victimes de crimes haineux. Radio-Canada a appris qu'Ottawa a déjà confirmé l'octroi de 1,8 million de dollars cette année. C'est presque autant que le montant alloué pour les cinq dernières années.

Un texte d’Alexandre Duval

Parmi les organismes qui recevront de l’argent cette année, on retrouve sans surprise le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). Six personnes y sont tombées sous les balles d’un assaillant en plein coeur de l’hiver dernier.

Des travaux ont déjà été faits pour éviter un autre drame, comme la mise en place d’un système magnétique pour l’ouverture des portes. Il reste cependant bien des améliorations à apporter et l’aide d’Ottawa sera salutaire.

L'autre mosquée gérée par le CCIQ à Québec, celle de la rue Mayrand, pourra elle aussi bénéficier de cette subvention.

Selon nos informations, l'École de l'excellence, qui accueille des enfants musulmans à Québec, aurait aussi reçu une subvention pour rehausser sa sécurité. La direction ne nous a toutefois pas rappelés et n'a pas répondu à nos courriels.

Forte hausse des subventions

D’après les données de Sécurité publique Canada, au moins 70 lieux de cultes, écoles ou centres communautaires au pays bénéficieront cette année du Programme de financement des projets d’infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque (PFPIS).

Ce nombre est appelé à augmenter encore, puisque le gouvernement évalue de nouveaux projets qui lui ont été soumis récemment.

Les ententes ont néanmoins été finalisées pour 51 des 70 organismes choisis jusqu’ici; ils se partageront 1,8 million de dollars. Le CCIQ fait partie des 19 autres organismes qui ne savent pas encore exactement combien d’argent ils recevront.

Bien que préliminaires, ces montants sont sans précédent. De 2012 à 2017, le PFPIS a distribué à peine plus de 2,3 millions de dollars à seulement 90 organismes au pays.

De toute évidence, l’attentat de Québec a marqué un point de rupture.

Un effet « attentat de Québec »

Tout de suite après le drame, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il allait prolonger la période dont disposaient les organismes pour déposer une demande au PFPIS.

Plutôt que de recevoir les dossiers jusqu’au 31 janvier, le gouvernement les a acceptés jusqu’au 31 mars afin de donner le temps de s’ajuster aux communautés ébranlées par l’attentat.

Le sentiment de peur vécu dans plusieurs collectivités jugées à risque d’être ciblées par un acte haineux semble s’être reflété dans les projets soumis au PFPIS.

M. Labidi affirme même que, dans la foulée de l’attentat, il a reçu des appels téléphoniques d’autres mosquées, notamment à Montréal, qui voulaient savoir comment s’y prendre pour améliorer leur niveau de sécurité.

Des travaux nécessaires

Au sujet des travaux qui doivent encore être faits à la mosquée du chemin Sainte-Foy, M. Labidi indique qu’ils sont nombreux.

On parle de sécuriser l’entrée principale, d’améliorer l’éclairage extérieur et de renforcer la surveillance par caméras vidéo.

Pour ce qui est de l'autre mosquée gérée par le CCIQ, la mosquée Annour, on veut notamment y faire installer une clôture et ajouter des caméras de surveillance.

M. Labidi préfère ne pas s’avancer sur les coûts de tous ces travaux. Des soumissions sont toujours attendues et devront être transmises à Ottawa pour fixer le montant final de la subvention.

Le PFPIS rembourse au plus 50 % des travaux liés aux infrastructures de sécurité, jusqu’à concurrence de 100 000 $.

Malgré les demandes répétées de Radio-Canada, le ministère fédéral de la Sécurité publique n'a pas été en mesure d'accorder une entrevue dans ce dossier.

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