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Attentat de Québec : des parrains de réfugiés inquiets pour l’image du Québec

Deux semaines après l'attentat au Centre islamique culturel, les répercussions se font encore sentir à Québec. Des parrains de familles de réfugiés syriens s'inquiètent que des nouveaux arrivants développent une opinion négative par rapport à la société québécoise.

Un texte de Cathy Senay

Karl Sylvain a accueilli la première famille de réfugiés syriens à Québec, en décembre 2015. La fusillade a jeté une douche froide sur la relation qu’il entretient avec la famille qu’il parraine.

« La première idée qui nous est venue en tête est "qu’est-ce qu’ils vont penser de nous? Qu’est-ce qu’ils vont penser de notre pays, de notre communauté?" Nous étions dévastés. On a voulu les rassurer. On a communiqué avec eux dans les heures qui ont suivi. »

Les nouveaux arrivants doivent comprendre que « les gens de Québec, les Québécois sont accueillants. Ce ne sont pas des gens violents », croit M. Sylvain.

Qui plus est, le frère de la famille syrienne que M. Sylvain parraine doit immigrer à Québec la semaine prochaine. « Ça nous a passé par la tête que ce frère ne veuille plus venir », souligne-t-il.

M. Sylvain ajoute que la famille syrienne n’est pas de foi musulmane, mais plutôt de foi chrétienne. Or, il estime que peu de Québécois font cette distinction.

La famille de M. Sylvain a assisté à la veillée à la chandelle, au lendemain de l'attentat. « C’était important pour nous que la ville de Québec passe un message positif à la communauté musulmane. »

Une série d'événements

Depuis 2013, plusieurs incidents à caractère islamophobe ont été récensés dans différents coins du Québec. Une mosquée à Saguenay a été profanée par ce qui aurait été du sang de porc en septembre 2013.

Quelques jours plus tard, une dame voilée d’origine algérienne affirmait s’être fait agresser au centre commercial Laurier Québec parce qu’elle portait le hijab. Cet incident avait eu lieu peu de temps après le dévoilement de la Charte des valeurs du Parti québécois.

À Québec en mars 2015, la mosquée de la Capitale avait été vandalisée.

En avril 2016, des menaces proférées contre le coprésident de l’Association des musulmans et Arabes pour la laïcité au Québec de même que des insultes reçues par des femmes voilées dans les rues de Montréal avaient forcé le gouvernement libéral à condamner ces gestes à l’endroit de minorités par voie de communiqué.

Environ deux mois plus tard, en pleine période du ramadan en juin 2016, une tête de porc avait été déposée devant le Centre culturel islamique de Québec.

Des tracts avaient par la suite été distribués dans le voisinage faisant état de liens non vérifiés entre le Centre et les Frères musulmans. La police de Québec avait fait des vérifications qui n'ont abouti à aucune arrestation.

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