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Attentats de Paris : comment en parler aux enfants

Le psychologue Louis Legault, spécialisé auprès de la clientèle jeunesse, estime qu'il est important de parler des attentats de Paris avec les enfants. Il faut toutefois respecter certaines règles pour éviter de générer du stress chez les jeunes. Nous avons tenté de répondre à des questions que se posent sans doute plusieurs parents depuis vendredi.

Doit-on parler de ce qui se passe aux enfants?

« Je pense qu'il faut en parler. Il faut tout d'abord s'assurer de la capacité de l'enfant à réfléchir sur des phénomènes abstraits et pour certains, ça se fait vers l'âge de 7 à 8 ans. Il faut toutefois ajuster notre discours, notre message et notre vocabulaire. Il ne faut pas entrer dans le jeu du terrorisme et de nous-mêmes générer de la terreur chez les enfants. »

Doit-on montrer toutes les images des attentats qui circulent dans les médias?

« Non, il faut choisir les images. Et le problème avec la télé, c'est qu'on ne sait pas ce qui arrive ensuite. Il faut gérer l'utilisation de la télévision. Il faut être aux aguets, être présent et en parler. »

Comment rassurer un enfant qui a peur?

« Il faut ramener ça dans une juste perspective. Si je vis en région ou en banlieue, le premier argument sera d'expliquer que ces choses-là arrivent dans les grandes villes. Il faut leur expliquer que ce ne sont pas toutes les villes qui sont dans la mire des terroristes. Il faut que l'enfant comprenne que le terroriste ne fera pas sauter la planète d'un coup sec. »

Faut-il donner des détails précis sur les attentats?

« Ça ne donne pas grande chose d'entrer trop dans les détails. C'est important de ramener ça sur ce que l'enfant connaît. De lui dire : "tu sais, quand je te dis que c'est important d'être respectueux, de bien t'entendre avec les amis, c'est justement pour ne pas avoir envie de partir en guerre". Je ramène donc la réalité des enfants à un discours ou un état de fait qui se passe actuellement. »

Devrait-on cacher nos émotions sur la situation pour ne pas inquiéter les enfants?

« Le plus simple, c'est de généraliser ces sentiments-là. Il ne faut pas se les approprier. Si je lui dis que papa panique et qu'il est inquiet, l'enfant va se dire "si papa panique alors qu'il est tout puissant, ça veut dire que moi aussi je vais être inquiet et paniqué". On peut toutefois dire que les pays, les gouvernements et les peuples sont inquiets de voir une situation comme ça se produire. »

Ces événements sont-ils une occasion d'éduquer nos enfants?

« C'est certain. Par rapport à la violence, l'intolérance et l'intimidation, on peut toujours enseigner des choses de façon artificielle ou théorique, ou on peut s'inspirer de ce qui passe autour de nous pour en tirer des conclusions. »

Le psychologue Louis Legault a répondu aux questions du journaliste Maxime Corneau.

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