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Attentats terroristes : les interventions des équipes médicales analysées

Comment les urgentologues doivent-ils intervenir en contexte d'attentats terroristes ? C'est la question qui est abordée au 23e colloque annuel de traumatologie qui se tient aujourd'hui à Québec.

Le thème s’imposait déjà de lui-même dans la foulée des attentions de Paris, le 13 novembre 2015, et ce, 14 mois avant l’attaque armée contre le Centre culturel islamique de Québec.

L’ironie du sort a fait en sorte que le président du comité organisateur de ce colloque, le Dr Julien Clément, chirurgien général et chef du programme de traumatologie du CHU de Québec, était aux premières lignes le 29 janvier dernier, le soir où six hommes ont été tués et cinq autres grièvement blessés dans une fusillade.

Le Dr Clément assure que le protocole d’urgence du CHU de Québec a été élaboré dans les dernières années et confirme que « le soir du 29 janvier, on a appris que ça valait la peine d’être préparé ».

Mais on ne peut pas tout prévoir. La préparation et l’entraînement, c’est essentiel. Mais la gestion d’une situation de blessés multiples, ça nécessite une prise en charge différente. Il faut s’occuper des patients, en faire plus pour un plus grand nombre, mais aussi gérer une situation en évolution.

Travailler en équipe

Le Dr Carl Ogereau, conférencier lors du colloque, peut en témoigner. Il l’a vécu dans les heures qui ont suivies l’attentat du Bataclan. L’important, c’est d’avoir des équipes rodées, qui sont habituées de travailler ensemble, a-t-il résumé en entrevue.

Une réflexion que partage le Dr Clément: « les gens montent leur niveau de jeu de deux coches dans ce genre de situation », dit-il.

Si les employés du CHU de Québec ont su bien répondre à la demande en situation de crise, le Dr Clément assure qu’un scénario plus dramatique ne serait pas non plus ingérable pour les équipes de traumatologie.

« Il y a beaucoup de capacité d’expansion qui est déjà là : on fait juste penser aux unités qui sont déjà là comme la médecine de jour, chirurgie de jour, mais ça prend du personnel. Mais un scénario à 100 blessés, ce n’est pas 100 blessés critiques: il y en a qui seront des blessés mineurs qui requièrent moins de ressources », conclut le Dr Clément, rassurant.

Un rendez-vous annuel important

Le Dr Clément confirme que, nonobstant le contexte particulier dans lequel s’inscrit, le colloque est important pour la profession.

« La traumatologie c’est assez large. Ça va du préhospitalier à la réadaptation complète des patients. C’est toujours bon de prendre tous les intervenants du milieu et de les mettre ensemble pour discuter des réalités propres à chacun », mentionne-t-il.

Il est ainsi plus simple d’assurer la transmission des nouvelles pratiques en matière de concepts et de techniques d’intervention de soins critiques, et ce, peu importe la région dans laquelle les traumatologues pratiques.

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