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Aucun journaliste surveillé à Québec en 5 ans, confirme le chef Desgagné

Le chef du Service de police de la Ville de Québec confirme qu'aucun journaliste n'a fait l'objet d'un mandat de surveillance depuis son entrée en fonction il y a cinq ans. Michel Desgagné ne peut toutefois se prononcer sur ce qui s'est passé durant les années précédant son mandat.

Un texte de Yannick Bergeron

Lors d'une rencontre avec les médias à l'aube de partir à la retraite, Michel Desgagné n'a eu d'autre choix que de revenir sur ce sujet délicat.

Sans vouloir commenter ce qui s'est passé à Montréal avec l'affaire Patrick Lagacé, le chef de la police de Québec a assuré que son service allait collaborer avec le ministère de la Sécurité publique.

Le gouvernement a annoncé, hier, qu'il y aura une inspection des processus menant à des mandats de surveillance de journalistes, non seulement au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais aussi à la Sûreté du Québec (SQ) et au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

« J'attends les commandes du ministère et les commandes du gouvernement et on va ouvrir nos livres comme on l'a toujours fait », a certifié le chef Desgagné.

Pendant qu'il était déjà dans l'état-major, avant d'être nommé chef, en 2011, Michel Desgagné affirme qu'à sa connaissance il n'y a pas eu de surveillance de membres de la presse.

Il se dit bien placé pour comprendre les rôles de chacun, son père, Roch Desgagné, ayant été journaliste pendant de nombreuses années au quotidien Le Soleil.

Par contre, Michel Desgagné avoue avoir dû rappeler à certaines occasions à ses troupes que les policiers ont fait un serment de discrétion, pour ne pas nuire à certaines enquêtes.

Michel Desgagné quittera officiellement ses fonctions le 31 décembre. Son successeur n'a toujours pas été nommé.

39 ans de carrière

Ému par moments, Michel Desgagné a par ailleurs dressé, mercredi, le bilan de ses 39 ans de carrière au sein de la police.

« Le métier a changé en câline », constate celui qui a commencé sa carrière à titre de policier-pompier à Beauport en 1977.

Les réseaux sociaux, a-t-il expliqué, ont créé un nouveau phénomène. « Il y a une justice sociale et populaire qui se fait qui est très difficile à contrôler », déplore-t-il.

M. Desgagné demeure ambivalent quant à l'utilisation de caméras corporelles pour les policiers. S'il y voit une utilité pour élucider certains événements impliquant des policiers, il se questionne sur les coûts reliés à leur acquisition et à leur gestion.

Par contre, il croit que le pistolet Taser a tout à fait sa raison d'être comme pièce d'équipement, quelques jours après son utilisation sur un enfant de neuf ans. « On a les balises nécessaires », explique-t-il, avant d'ajouter qu'au moins trois rapports de coroner ont recommandé que les services de police se dotent davantage de pistolets électriques.

À l'aube de sa retraite, l'homme de 60 ans trace un bilan positif de sa carrière. Il ne se serait pas vu faire un autre métier. Il devrait faire son dernier quart de travail « autour du 20 ou 21 décembre ».

Michel Desgagné demeure discret à propos d'un projet professionnel qui lui a été présenté en septembre, lors de l'annonce de sa retraite. Il se dit toujours en réflexion.

Son successeur n'a toujours pas été nommé.

 

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