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Autochtones insultés : l’ignorance et la banalisation du racisme montrées du doigt

Les insultes proférées à l'endroit de jeunes hockeyeurs autochtones témoignent d'une culture d'ignorance et de banalisation du racisme envers les Premières Nations, croit Konrad Sioui.

Un texte de Louis Gagné

Le grand chef de la nation huronne-wendate a réagi vendredi à l’incident survenu lors d’un tournoi de hockey de niveau bantam AAA qui avait lieu à L’Ancienne-Lorette, dans la région de Québec, les 25, 26 et 27 mai derniers.

Une équipe formée de joueurs issus des Premières Nations affirme avoir été victimes d’insultes à caractère raciste. Les hockeyeurs âgés de 13 à 14 ans se seraient fait traiter de « sauvages » par au moins un entraîneur et une poignée de spectateurs.

Des joueurs des équipes adverses auraient également imité un « cri de guerre » stéréotypé sur la glace.

Pas surprenant

Konrad Sioui trouve l’incident déplorable. Il n’est toutefois pas surpris que de tels propos aient pu être proférés dans la région de Québec.

Le grand chef des Hurons-Wendats y voit le résultat d’un manque d’éducation, de culture et d’ouverture d’esprit.

« On ne peut pas donner ce qu'on n'a pas reçu. Puis quand on n'a rien reçu en matière […] des Premières Nations ou qu'on a entendu rien que des stéréotypes, bien plutôt que d’applaudir des jeunes qui vont être excellents, qui vont peut-être gagner une partie, on va commencer à les mépriser puis les traiter comme ça ne devrait pas », dénonce Konrad Sioui.

Banalisation

Le politicien montre également du doigt une certaine banalisation du racisme à l’endroit des Premières Nations. Il cite en exemple le cas d’une résidente de Wendake qui prétend avoir été victime de propos discriminatoires de la part d’un employé de la Ville de Québec. Le grand chef reproche à la municipalité de ne pas avoir donné suite à l’incident.

Attention à la généralisation

Le ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a également dénoncé les commentaires lancés envers l’équipe des Premières Nations. Il a toutefois insisté sur l’importance de ne pas faire de généralisation à partir d’un incident isolé.

« Les mots qui ont été inchangés sont inacceptables, mais c'est toujours dangereux de trop généraliser à partir de ces incidents parce qu'il y a beaucoup d'autres événements dans notre société où la réconciliation a toute sa place », a fait valoir le ministre.

À l’instar de Konrad Sioui, Geoffrey Kelley attribue l’incident à un manque d’éducation et de connaissances. Il invite les citoyens de Québec et des autres régions à aller à la rencontre des communautés autochtones afin de combattre les préjugés qu’ils pourraient entretenir à leur endroit.

« Je pense que les préjugés sont toujours nés dans l'ignorance. Alors dans la mesure qu'on peut sortir de l'ignorance, mieux connaître nos voisins autochtones, peut-être que ce genre d'incident va diminuer, mais on est toujours à risque comme toute société. »

Avec les informations de Pascale Lacombe

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