Une adolescente de Québec atteinte de paralysie cérébrale défendra les couleurs du Canada aux prochains championnats du monde de boccia, en Chine. Le sport, qui s'apparente à la pétanque, est spécifiquement conçu pour les athlètes en fauteuil roulant.

À 15 ans, Marylou Martineau n'est pas une jeune femme comme les autres. Après avoir dominé le circuit québécois dans son groupe d'âge, elle a été recrutée par l'équipe canadienne pour participer aux championnats du monde, qui se dérouleront à la fin du mois.

« J'ai vraiment hâte de partir », s'exclame celle qui pratique le sport depuis 7 ans.

Le boccia, un jeu de précision où le joueur doit lancer des boules de cuir le plus près possible d'une balle cible blanche, est pratiqué dans une cinquantaine de pays par des personnes ayant de graves handicaps locomoteurs.

En raison de sa paralysie cérébrale, Marylou ne peut lancer sa balle seule. C'est donc sa mère qui l'assiste en compétition. « Ma mère me dit que le boccia, c'est le seul moment où je peux lui donner des ordres! » lance-t-elle dans un grand éclat de rire.

Ainsi, sa mère se tient dos au jeu et insère les boules dans une rampe de lancement, selon ses instructions. Marylou décide de l'orientation de la rampe et peut demander à sa mère de déposer les boules à différentes hauteurs pour augmenter la force des tirs.

Une fois installée, Marylou pousse la boule en bas de la rampe à l'aide d'une tige fixée à son front.

« Je suis muette, je n'ai pas le droit de me virer de bord. Je regarde Marylou, je regarde son visage et je sais si elle a fait un bon coup », explique sa mère, Josée Duquette.

La fierté d'une mère

Au début de l'aventure, Josée Duquette souhaitait seulement que sa fille puisse surmonter son handicap et se découvrir une passion. Jamais elle n'aurait cru que Marylou développerait un talent qui lui ouvrirait les portes de compétitions internationales.

« Loin comme ça, non. On en parle et j'ai encore des frissons », admet-elle avec fierté.

De son côté, Marylou croit que le sport l'aide à développer les aptitudes qui lui seront utiles dans son choix de carrière. « Pour moi, le boccia reste un sport qui peut m'aider, parce que plus tard je veux être journaliste. »

Josée Duquette est bien d'accord. « Ça lui apporte de la confiance en elle. Je pense qu'elle est épanouie à travers tout ça. »

Après la Chine, le boccia pourrait mener Marylou Martineau au Brésil. La jeune athlète sera peut-être membre suppléante de l'équipe canadienne aux Jeux paralympiques de Rio, en septembre.

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