Il aura fallu plus d'un demi-siècle pour que Neil Young se produise à Québec. À 72 ans, le géant canadien du folk rock a montré vendredi qu'il avait encore toute sa verve.

Une critique de Charles D’Amboise

C’était l’été, mais un froid mordant s’est installé dès la pénombre sur les plaines, vendredi soir. Pendant que certains fans se chauffaient les mains, Young est apparu sans éclat, comme un bohème, devant une toile représentant un sac de graines bios daté de 1966.

Accompagnés de ses musiciens de Promise of the Real – qui pourraient très bien passer pour ses enfants –, Young a amorcé son spectacle avec Like an Inka dans une version étirée d'un quart d'heure.

Heureux de ce premier passage dans la capitale, Young a ensuite lancé un sincère « merci les amis » en français pour enchaîner avec Fuckin’Up, qu’il a conclu en affichant un sourire de gamin.

Puis, l’intensité a monté d’un cran dès les premiers accords de Rockin’ In The Free World, ce hit sorti en 1989 qui visait, à l’époque, George Bush père. Cet hymne à la liberté avait d’ailleurs refait surface lors de la campagne présidentielle de Donald Trump, qui l'avait utilisé sans autorisation.

Dans ses œuvres comme lors de récentes entrevues, Young reste fidèle à ses racines militantes. D’ailleurs, l'auteur-compositeur et interprète rebelle n’a pas caché son irritation face à l’actuel président américain dans son dernier album en lui consacrant la pièce Already Great.

Toujours sur le ton de la dénonciation, Lukas Nelson, de Promise of the Real, a poursuivi la soirée avec sa pièce Turn Off the News, un hymne qui condamne cette fois les nouvelles en continu à la télévision.

Malgré quelques problèmes techniques, le septuagénaire est resté en contrôle de sa bande et de la foule multigénérationnelle, ne ratant pas d’occasions d’ajouter quelques riffs joyeusement improvisés. Le tout, servi dans un décor minimaliste avec un éclairage sans surcharge.

Puis au rappel, un peu avant 23 h 30, Young a sorti son harmonica pour Harvest Moon. Dès les premiers accords, la foule s’est tue, conquise devant la légende et son œuvre.

Intimiste Kurt Vile

En digne héritier de Neil Young, Kurt Vile a ouvert la soirée avec The Violators, son groupe de tournée. Le chanteur de Pennsylvanie considère Neil Young comme son père musical spirituel. C’est sûrement l'une des raisons pour lesquelles le FEQ l’a choisi parmi une poignée d’artistes qui s’étaient proposés en première partie du spectacle de Neil Young.

« C’est un fucking honneur d’être ici », a lancé le chanteur filiforme aux cheveux longs après deux morceaux.

Créant un doux suspense avec ses arrangements folk mélodiques, le chanteur membre du groupe The War On Drugs a enveloppé les plaines avec sa guitare ou son banjo.

Le chanteur, timide et assurément moins fougueux que Young sur une scène comme celle des Plaines, se produira dimanche au parc de la Francophonie en compagnie de ses acolytes de The War On Drugs.

Plus d'articles