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Bataille d'experts à l'audience de remise en liberté de Jacques Delisle

La poursuite s'est attaquée, mercredi après-midi, à la crédibilité de l'expert de la défense qui défend la thèse du suicide pour expliquer la mort de Nicole Rainville. La demande de remise en liberté de l'ex-juge Jacques Delisle, en attendant une révision judiciaire, a laissé place à une véritable bataille d'experts au palais de justice de Québec.

Dès le début du contre-interrogatoire de Dr Michael Shkrum, le médecin légiste ontarien a été questionné sur son curriculum vitae. Le procureur de la Couronne, Me Michel Fortin, lui a fait admettre qu'il avait réalisé peu d'autopsies impliquant un décès impliquant un pistolet de calibre 22, comme c'est le cas pour Nicole Rainville.

Me Fortin avait utilisé une stratégie similaire lors du procès en 2012 avec l'expert en balistique de la défense. Son contre-interrogatoire de Vassili Swistounoff avait ébranlé la crédibilité du balisticien.

Le contre-interrogatoire du médecin légiste ontarien va se poursuivre jeudi matin.

Des conclusions différentes

En matinée, le Dr Michael Shkrum a tenté de mettre en doute les conclusions du pathologiste qui a réalisé l'autopsie de Nicole Rainville, le Dr André Bourgault.

L'expert de la défense soutient que la balle qui a tué Nicole Rainville a traversé son cerveau de gauche à droite, à la suite d'un tir à angle droit. Cette conclusion vient en contradiction avec la preuve présentée lors du procès par la poursuite.

Le Dr André Bourgault en arrivait plutôt à la conclusion que la balle a été tirée dans un angle de 45 degrés avant d'aller directement à l'arrière du cerveau de la victime.

Le Dr Shkrum a aussi souligné que le médecin québécois avait laissé peu de traces de ses observations en réalisant un travail « peu documenté ». « On s'assure que le dossier peut-être révisé par d'autres experts » a-t-il reproché à l'expert de la poursuite.

Mardi, il avait déploré qu'une seule photo du cerveau se retrouvait dans le dossier d'autopsie, ce qui est nettement insuffisant selon lui.

Le Dr André Bourgault assiste au témoignage du médecin ontarien et pourrait y répondre lorsque la poursuite présentera sa preuve à son tour.

Jacques Delisle attentif

Alors que la trajectoire du projectile revêt une importance capitale dans le dossier, rien n'indique que le Dr Bourgault a effectué des tranches du cerveau pour vérifier cette trajectoire.

Le médecin québécois assure, dans un affidavit signé le mois dernier en prévision de la demande de remise en liberté de l'ex-juge, qu'il a bel et bien tranché le cerveau pour vérifier la trajectoire.

Son vis-à-vis ontarien se demande encore une fois pourquoi il n'existe pas de photographies de cette analyse.

Jacques Delisle qui espère obtenir sa libération en attendant que sa demande de révision judiciaire soit complétée écoute le débat avec attention. Il profite de la plupart des pauses pour donner des consignes à ses avocats.

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