Retour

BD Juste pour rire : une maison d'édition de Québec au bord du gouffre

Victor, une bande dessinée lancée cet été pour les 35 ans du Festival Juste pour rire, pourrait bien causer la perte d'une petite maison d'édition de Québec. Le livre est désormais boudé par les libraires et l'éditeur BerBer 13-13 doit assumer d'importantes pertes financières.

Un texte d'Anne-Josée Cameron

Le 15 juillet dernier, l'album Victor avait pourtant été lancé en grande pompe à Montréal. En trois mois, BerBer 13-13 a vendu près de 1000 exemplaires de l'oeuvre signée Yves Pelletier et Olivier Carpentier.

Mais à la suite des allégations d'inconduite sexuelle visant le grand patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon, la jeune maison d'édition a été entraînée malgré elle dans la tourmente.

« C'était juste avant le Festi-Mots de Matane, raconte Jean-Philippe Bergeron, de BerBer 13-13. On a fait l'erreur de laisser Victor sur les présentoirs et on a dû se justifier toute la journée. On était éreintés, vraiment découragés. »

« On a alors choisi de complètement retirer la BD des festivals », ajoute son collègue et cofondateur de la maison d'édition, Damien Berger.

Ce qui devait être une occasion formidable pour Berber 13-13, qui a assumé tous les frais d'édition, a plutôt tourné au cauchemar.

Des caisses pleines de BD ont été renvoyées au distributeur par les libraires. Atterré par l'importance des retours, Damien Berger affirme toutefois comprendre le geste.

« On comprend les libraires puisque, nous aussi, on se retrouve avec un produit qu'on ne veut plus mettre de l'avant », soutient l'éditeur.

Une question de survie

Berber 13-13 est dans une situation précaire à la suite de cette mésaventure. La petite entreprise qui fonctionne avec un maigre budget de 15 000 $ par année se retrouve avec une dette équivalente et devant un avenir plus qu'incertain.

La maison d'édition du quartier Saint-Sauveur est actuellement en pourparlers avec le groupe Juste pour rire afin que l'entreprise rachète les bandes dessinées invendues.

Jean-David Pelletier, agent aux communications de Juste pour rire, confirme que son entreprise espère « trouver un terrain d'entente » convenant à toutes les parties le plus rapidement possible. Cependant, aucun échéancier n'est avancé et le temps presse pour la maison d'édition créée en 2014.

Bien qu'au bord du gouffre, les deux éditeurs entendent se battre afin que leur entreprise survive à ce mauvais coup du sort.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine