Retour

Blocage du projet Resolve au chantier Davie : « Le jupon dépasse », croit la CSN

Le blocage du projet Resolve par le gouvernement fédéral soulève bien des questions, croit le syndicat qui représente les travailleurs. « Sur les 35 milliards de contrats octroyés [à des chantiers maritimes au Canada] par le gouvernement fédéral, 22 milliards ont été octroyés à Halifax au chantier Irving », dit le secrétaire général de la Centrale des syndicats nationaux (CSN), Jean Lortie.

« Et en plus, ils ont demandé 300 millions de dollars pour adapter leur chantier aux travaux, alors qu'ils réclament le ravitailleur Astérix chez eux, moi je pense que le jupon dépasse un petit peu ce matin. »

Vendredi matin, Radio-Canada révélait que le nouveau gouvernement libéral a bloqué l'attribution du contrat pour la conversion d'un porte-conteneurs en un navire de ravitaillement militaire au chantier Davie.

Des sources ont confirmé à Radio-Canada qu'un comité du Cabinet refuse de donner pour l'instant le feu vert à ce contrat de près de 700 millions de dollars à la Davie. Le Cabinet, qui s'est penché sur le dossier jeudi, se donne au moins deux mois avant de décider ce qu'il compte faire.

Selon des informations colligées par Radio-Canada, la compagnie Irving Shipbuilding d'Halifax, un concurrent de longue date de Davie, a tenté d'intervenir pour faire dérailler le projet de Davie.

Radio-Canada a obtenu copie d'une lettre qu'a fait parvenir Irving à au moins quatre membres du Cabinet : le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, le ministre de la Défense, Harjit Singh Sajjan, le ministre des Finances, Bill Morneau et leur collègue aux Services publics et à l'Approvisionnement, Judy Foote.

Un non-sens selon Jean Lortie, qui avance que les chantiers qui reçoivent les contrats ne sont pas à même de les réaliser.

« Est-ce que c'est des pressions politiques du caucus de l'Atlantique? Est-ce que c'est une révision de l'ensemble des politiques conservatrices? Pour l'instant, ce n'est que des spéculations, mais on va faire nos contacts avec les ministres concernés pour avoir le fin mot de l'histoire », dit le secrétaire général CSN.

« Même pas une bouchée de pain »

À l'entrée du chantier, vendredi matin, les travailleurs étaient inquiets de la nouvelle.« Il reste peut-être juste ça. Tous les autres chantiers ont eu des milliards et des milliards. Nous autres, c'est juste une bouchée de pain. Et ils ne veulent même pas nous la donner », dit Denis Couture, qui craint une mise à pied cet hiver malgré ces 41 années de service.

D'autant que les tergiversations des derniers mois ont plombé le moral des troupes. « L'ambiance n'est pas à son meilleur : on est en attente de ce contrat-là. Là, on a deux traversiers, ça crée de l'emploi. Mais on va arriver à la fin de ces traversiers-là. Donc oui. On est en attente du projet Resolve », rappelle Stéphane Charest, délégué syndical. « Ils parlaient de deux ans de travail minimum pour faire le contrat. »

Réactions politiques unanimes

Alors que le gouvernement fédéral n'a pas réagi à la nouvelle, des politiciens de l'opposition à Ottawa et le gouvernement du Québec pressent les libéraux de Justin Trudeau de ne pas retarder le début des travaux sur le navire.

Steven Blaney, ex-ministre conservateur et député fédéral de Lévis-Bellechasse-Les-Etchemins, croit que le gouvernement fédéral a des engagements fermes envers la Davie, malgré le fait qu'un contrat n'a pas été signé.

Le député balaie également du revers de la main les critiques d'Irving selon lesquelles le processus d'appel d'offres n'aurait pas été respecté.

« Le chantier naval a la capacité, la disponibilité et l'expertise pour faire le projet. Le contrat est prêt à être signé. On demande au gouvernement libéral de le signer le contrat le plus rapidement possible pour que Davie puisse livrer le Resolve dans les meilleurs délais à la Marine canadienne », ajoute Steven Blaney.

Pour le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, la situation est urgente : « Il y a eu un document signé par le gouvernement fédéral. Il y a des gens qui sont au travail. Il y a des centaines de travailleurs qui doivent être engagés. On s'attend à ce que le projet suive son cours, comme annoncé par le gouvernement fédéral. »

Le député caquiste de Lévis à l'Assemblée nationale abonde dans le même sens. « En campagne électorale, tout le monde disait que c'était merveilleux et maintenant on se questionne. Alors non, je pense que les couleurs ne doivent pas jouer. La lettre d'intention était là. Je pense que le gouvernement doit aller de l'avant », affirme François Paradis.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine