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Bob Walsh, le roi du blues québécois, n’est plus

Bob Walsh luttait pour sa vie depuis plusieurs jours, à la suite d’un infarctus qui l’avait laissé avec de graves séquelles au cerveau. Le week-end dernier, la famille du musicien a expliqué sur Facebook qu’elle devrait prendre une décision quant à savoir s'il fallait « mettre fin à tout support qui le maintient en vie ».

La famille de Bob Walsh devait d’ailleurs recevoir des résultats de test médicaux, plus tôt en après-midi, selon le relationniste du bluesman.

Son équipe de production a par ailleurs confirmé que Bob Walsh avait été hospitalisé à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Ces hospitalisations ont forcé le musicien de 68 ans à annuler plusieurs spectacles de la tournée qu’il avait entamée en 2015.

Un bluesman prolifique

Pilier du blues au Québec, Bob Walsh voit le jour dans la Vieille Capitale en 1947, au sein d'une famille anglophone. C'est d'ailleurs de sa famille, plus particulièrement de son père qui avait des problèmes de vision, que lui vient le goût de la musique. Les jours où il se sentait mal, le patriarche de la famille Walsh avait pour habitude d'allumer la radio et de reprendre les mélodies qu'il entendait.

La musique devient alors aussi un refuge pour le jeune Bob Walsh qui apprend à jouer de la guitare vers l'âge de huit ans. Durant son apprentissage, il découvre les albums de grands jazzmen comme Louis Armstrong.

Bob Walsh amorce sa propre carrière au début des années 70 dans les bars du Vieux-Québec. Le chanteur et guitariste arpente ensuite différentes scènes de la province dans les années qui suivent, d'abord au sein des groupes Contrebande et Devito Walsh Band, puis en solo.

En 2001, Bob Walsh trempe son blues dans la sauce classique en jouant avec 70 musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec. Cette année-là, il fait partie des artistes invités à New York pour faire valoir le talent québécois. En lieu et place, il se joint aux 50 artistes qui ont donné un spectacle-bénéfice pour les victimes des attentats du World Trade Center.

Au milieu des années 2000, il délaisse les bars pour se produire dans les salles de spectacle. C'est également durant cette période que sa santé commence à se détériorer. Il subit, entre autres, un triple pontage coronarien qui le force à faire une longue pause.

Bob Walsh est demeuré, malgré tout, très actif au cours des dernières années et a notamment lancé les albums There's a Story Here en 2012 et After the Storm en 2015.

Depuis 1984, le musicien s'est produit au Festival international de jazz de Montréal lors de 17 événements. En 2004, il a participé au grand concert marquant le 25e anniversaire du Festival, événement durant lequel il était accompagné de plusieurs amis, dont le chanteur Martin Deschamps.

Plus récemment, en juillet 2015, il a participé au concert à la mémoire du bluesman américain B.B. King.

Dans sa vie de tous les jours, Bob Walsh ne consommait pas que du jazz et du blues. Il avouait avoir un penchant pour « la bonne musique, celle de Barbra Streisand, Andrea Bocelli et Les Colocs ».

Bob Walsh a été récompensé de plusieurs prix au cours de sa vie. En 2013, il remporte le Blues with a Feeling Lifetime Achievement Award, remis par la Toronto Blues Society. Le bluesman est également récipiendaire de nombreux Prix Lys Blues ainsi que d’un Félix en 2003, à titre d’artiste s'étant le plus illustré dans une langue autre que le français.

Un artiste apprécié de ses pairs

Plusieurs personnalités du monde politique et de la scène artistique québécoise ont tenu à saluer le départ du bluesman par l'entremise des réseaux sociaux. C'est notamment le cas du chanteur Dan Bigras, qui a déjà collaboré avec Bob Walsh dans le cadre du traditionnel Show du Refuge. En entrevue sur nos ondes, le chanteur s'est également rappelé avec nostalgie de son premier contact avec le roi du blues québécois, dans les années 70.

« Quand je suis arrivé à Québec, sans connaître Québec, en arrivant à la porte Saint-Jean, j’ai entendu une voix, qui m’a donné des frissons, qui m’a tout fait faire, qui m’a ému […] plusieurs fois, durant mes années d’errance où je ne pouvais pas entrer partout où il jouait, je m’installais, sur le trottoir devant les terrasses où il chantait. Il chantait son âme à chaque fois et je pleurais. Je pleurais régulièrement. À l’époque je jouais seulement du piano. Si ça n’avait pas été de Bob, je n’aurais jamais essayé de chanter ».

L'animateur Normand Brathwaite est également revenu sur la carrière de Bob Walsh, le présentant comme un artiste accompli, mais trop peu connu du grand public. « C’est un des plus grands bluesmen au Québec, au niveau de la voix et de l’intensité. Encore une fois, un musicien trop méconnu. On a le mot génie facile au Québec, mais on a aussi une tendance à ne pas être capable de dire que c’est un des plus grands bluesmen… Bob était connu partout dans le monde », a-t-il affirmé.

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