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Boxe identitaire et groupes nationalistes « décomplexés » à Québec

Les groupes identitaires associés à l'extrême droite sont « de plus en plus décomplexés » et n'hésitent plus à s'afficher ouvertement. Et c'est peut-être mieux ainsi, estime le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV).

Un texte de Carl Marchand

« Je préfère qu’ils viennent dans l’espace public, qu’on les combatte sur les idées. Je ne veux pas de groupes d’extrême droite qui vont agir dans l’anonymat et la clandestinité. Tant mieux qu’ils viennent dans l’espace public », lance Herman Deparice-Okomba, directeur général du CPRMV.

L'organisme dit recevoir de plus en plus d'appels à leur sujet. De 70 l'an dernier, le nombre atteint maintenant plus de 150, ajoute M. Deparice-Okomba. Dans une vingtaine de cas, on faisait état de « menaces sérieuses à la sécurité publique ou de personne. »

« Les gens appellent parce qu’ils ne tolèrent plus ce discours. Les Québécois réagissent en les dénonçant, en nous demandant de faire quelque chose », analyse-t-il.

« Pépinières de la haine »

Atalante-Québec tenterait également de créer un club de boxe identitaire. L’un de ses leaders, Raphaël Lévesque, qui utilise le pseudonyme Raf Stomper sur Internet, a affiché une photo sur les réseaux sociaux avec le logo du club Phalange en arrière-plan.

Joint au téléphone, M. Lévesque a refusé de discuter de la question avec un journaliste de Radio-Canada.

« Lorsqu’on me parle de club identitaire, ça commence à m’inquiéter. On a vu en Europe des groupes extrémistes qui vont créer ces groupes-là qui vont devenir des pépinières de la haine. Ça demande à ce qu’on soit davantage vigilants », insiste Herman Deparice-Okomba.

« J’ai l’impression que ça pourrait être légitime pour les instances municipales d’empêcher que ce club-là existe », renchérit Maxime Fiset, agent en prévention au CPRMV.

Discours haineux : pas de retour du projet de loi

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, perçoit elle aussi une montée de l'intolérance.

« On la voit sur les médias sociaux, on la voit dans la société. On a tous un travail pour la dénoncer, pour ne pas accepter que de tels propos puissent sévir, parce que des propos de haine mènent parfois à la violence, et ça, c’est tout à fait inacceptable dans une société libre et démocratique », a-t-elle commenté au micro de Première heure.

Pas question cependant de tenter de légiférer afin de contrer les discours haineux. Un projet de loi en ce sens n'a pas rallié toutes les formations politiques à l'Assemblée nationale au printemps 2016. Ses opposants craignaient qu'il restreigne la liberté d'expression.

« À court terme, ce n’est pas dans les cartons, parce qu’on revient à ces mêmes débats », indique la ministre Vallée.

Avec les informations de Maxime Corneau

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