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Boycottage du registre des armes : la SQ lance une mise en garde

Des appels au boycottage du registre québécois des armes à feu se font entendre depuis la mise en oeuvre du registre. La Sûreté du Québec prévient toutefois que le refus d'un propriétaire d'enregistrer ses armes pourrait mener à une révocation de son permis de possession et d'acquisition d'armes à feu.

Un texte de Maxime Corneau

Sur les réseaux sociaux, des propriétaires d’armes manifestent depuis des semaines leur intention de boycotter le registre. En cas de refus d'enregistrer son arme, une amende pouvant atteindre 5000 $ est prévue.

Or, le contrôleur des armes à feu de la Sûreté du Québec, Éric Benoît, souligne que les conséquences pourraient aller au-delà de la simple amende. La SQ mènera en effet une enquête plus approfondie sur le propriétaire en cas d'infraction.

« À partir du moment où quelqu’un ne veut pas se conformer à une loi, on peut être en mesure de se questionner, dit-il. Ça sera évalué si ça peut être un critère pour déterminer si ça représente un risque que cette personne-là possède des armes à feu », explique-t-il.

Éric Benoît assure toutefois que l’amende ne mènera pas automatiquement à une révocation du permis.

Il souligne qu’elle occasionnera généralement des « vérifications supplémentaires » qui assureront la sécurité du public.

« Faire peur au monde »

Le président du groupe Tous contre un registre, Guy Morin, confirme que des propriétaires menacent de ne pas se soumettre à la loi.

« C’est un certain boycott, c’est sûr », avoue-t-il.

Son mouvement suggère officiellement de retarder au maximum l'enregistrement des armes. « Ce qui va donner force à loi, c’est le nombre d’armes enregistrées d'ici le 29 janvier 2019. »

M. Morin ajoute que la mise en garde la Sûreté du Québec ne sert qu'à faire « peur au monde ».

Devant un tribunal bientôt

L’avocat Guy Lavergne représente l’Association canadienne des armes à feu (NFA) dans sa contestation judiciaire du registre québécois. Selon lui, la révocation de permis en raison du non-respect de la loi aboutira forcément devant un juge.

« Le contrôleur a une discrétion générale pour révoquer ou refuser un permis, et cette discrétion-là doit être exercée sur des bases de sécurité publique. Il reste à savoir si on pourra faire l’équation entre le refus d’enregistrer et le fait de représenter une menace », explique-t-il.

4000 armes enregistrées

En date du 1er février, quelque 4000 armes avaient été enregistrées sur le site du Service d’immatriculation des armes à feu (SIAF), selon Alexandra Paré, relationniste pour le ministère de la Sécurité publique.

Plusieurs internautes ont soulevé que le site du SIAF connaissait des ratés. Alexandra Paré estime plutôt qu'il a dû subir de légers ajustements pour optimiser son utilisation.

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