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Bras de fer entre Équipe Labeaume et Québec 21 sur les taxes foncières

Québec 21 accuse l'administration Labeaume d'avoir profité de l'augmentation de la valeur foncière des résidences pour aller « piger » 100 millions de dollars dans les « poches » des citoyens. Une allégation qui ne tient pas la route, réplique l'entourage du maire sortant, et qui démontre « une incompréhension des finances de la Ville ».

Un texte de Louis Gagné

Le chef de Québec 21 et candidat à la mairie, Jean-François Gosselin, s’est engagé mardi à éliminer ce qu’il appelle la « taxe Labeaume » s’il est élu, le 5 novembre prochain. L’aspirant maire soutient que Régis Labeaume a profité de l’augmentation du rôle d’évaluation foncière pour taxer davantage les propriétaires de résidences.

« Au lieu de faire profiter les hausses de valeur des maisons aux citoyens, en laissant l'argent dans leurs poches, en les laissant décider ce qu'ils veulent faire avec leur argent, M. Labeaume, lui, s'est dit : "Je vais taxer plus pour pouvoir dépenser plus." », déplore le candidat à la mairie.

Selon Jean-François Gosselin, la « taxe Labeaume » s'élèverait à 100 millions de dollars.

Harmonisation des taxes

Québec 21 reproche également au maire sortant de se servir de l’inflation pour justifier ses hausses de taxes. Or, allègue le parti, la hausse des taxes municipales a été supérieure à celle de l’inflation à six reprises au cours des huit dernières années.

« Le budget de la Ville était d’un milliard quand [Régis Labeaume] est arrivé, il est maintenant de 1,5 milliard. C’est 50 % d’augmentation. Donc, c’est beaucoup plus que l’inflation, qui a été de 17,2 % au cours de la même période », soutient Jean-François Gosselin.

« C'est totalement faux »

Le porte-parole d’Équipe Labeaume en matière de finances, Jonatan Julien, réfute les allégations du chef de Québec 21. Il soutient que la municipalité ne tire aucun revenu supplémentaire de l’augmentation de l’évaluation foncière, puisque les taxes sont ajustées en conséquence.

« Lors du dépôt du dernier rôle, la hausse moyenne du secteur résidentiel a été de 9 %. Et ce que la Ville fait ensuite pour démontrer qu'elle ne tire pas de revenus du dépôt du rôle, c'est qu'on vient baisser le taux de taxes du 100 $ d'évaluation de 9 %. La Ville ne retire aucun revenu supplémentaire. C'est une opération totalement blanche », explique-t-il.

Harmonisation

Jonatan Julien reproche également à Québec 21 d’avoir inclus dans ses calculs l’harmonisation des taxes municipales, une donnée qui vient fausser la donne selon lui.

Si on ne tient pas compte de la taxe d’harmonisation et du remboursement des dettes des anciennes villes, l’augmentation des taxes municipales au cours de la dernière décennie n’a pas excédé celle de l’inflation, fait remarquer M. Julien.

« Avec le gel successif de 2017 et 2018 des taxes résidentielles, la hausse pour la Ville de Québec sur 10 ans est de 16,29 %. »

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