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Cancer : une patiente aura des injections de vitamine C au Québec

Après des semaines de combat, une Québécoise atteinte d'un cancer en phase terminale obtiendra des injections de vitamine C par intraveineuse dans la province au lieu de se rendre en Ontario pour les obtenir. Un précédent qui suscite l'espoir d'autres patients.

Un texte de Fanny Samson

À défaut de pouvoir recevoir ce traitement non conventionnel au Québec, Nathalie Prud’homme se rendait plusieurs fois par semaine au Centre de cancérologie intégrative d'Ottawa.

Selon elle, ces hautes doses de vitamine C améliorent sa qualité de vie en diminuant les effets secondaires de la chimiothérapie.

La patiente a entamé il y a quelques semaines des démarches pour recevoir de la vitamine C par intraveineuse près de chez elle. Elle a décidé de contacter son député.

Le député de Saint-Jérôme pour le Parti québécois, Marc Bourcier, dit avoir été interpellé par son histoire.

« Ça m’a beaucoup touché. Cette femme-là était rayonnante. C’était particulier comme cas », raconte le député.

Mme Prud’homme affirme avoir essuyé un refus de la part du département d’oncologie de l’hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval puisque ce traitement n’est pas endossé par les spécialistes.

Son espoir s’est donc tourné vers le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides (CISSS).

Une exception

Le département des soins infirmiers a accepté de lui accorder une exception par compassion, à condition qu’elle trouve un médecin québécois qui lui prescrive de la vitamine C par intraveineuse.

« Ça allège ma vie, c’est sûr, parce que je n’étais plus capable de faire les aller-retour à Ottawa », explique Nathalie Prud’homme, précisant qu'elle ne sait pas encore si le traitement sera couvert par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

« C’est de lui administrer ses injections avec le bon dosage sous supervision pour que ce soit bien fait », ajoute le politicien.

La patiente a trouvé un médecin de sa région, prêt à lui prescrire son traitement, même si l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec considère cette pratique de la médecine comme étant non éthique.

Son pharmacien a commencé à préparer sa première injection qu’elle devrait obtenir dans les prochains jours. Elle a accordé son consentement afin de recevoir le même protocole qu’à Ottawa.

« On pense toujours en termes de gros bon sens dans ces histoires-là, alors c’est mon travail de député de voir que les gens peuvent avoir le plus de soins possible », dit le député.

De l’espoir

Brigitte Guibord, aussi atteinte d’un cancer en stade terminal, espère que l’histoire de Nathalie lui permettra elle aussi d’obtenir ses injections dans sa ville, à Québec.

« Ça donne espoir, parce que moi, j’ai bon espoir que ça créé un précédent, qui montre la voie à certains médecins qui ne savent pas à quoi se fier », affirme-t-elle, précisant poursuivre les démarches de son côté pour avoir ce traitement.

Une autre femme atteinte de la maladie, Annie Trudel, qui se rendait aussi à Ottawa, souhaite que l’exception accordée à Nathalie devienne la règle éventuellement, après des études approfondies sur ce traitement.

La patiente avait réussi à avoir une prescription de son médecin, mais elle n’avait pas trouvé d’infirmière.

« À court terme, pour ceux qui n’ont pas grand-chose à perdre, ça serait fort intéressant qu’on puisse en bénéficier pour pouvoir se sentir le mieux possible », dit-elle.

Le député de Saint-Jérôme ne sait pas si ce traitement deviendra la norme. « Je n’en ai aucune idée, je ne suis pas médecin pour le prédire, mais je sais que pour Nathalie Prud’homme, c'est une bonne chose. »

Nathalie Prud’homme espère avoir ouvert la porte pour d’autres. « Est-ce que tous les CISSS vont vouloir traiter des patients en palliatifs comme cas d’exception? Peut-être, je le souhaite. »

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