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Centre d’injection supervisée : des gens d’affaires s’opposent au site choisi

L'emplacement retenu pour accueillir le premier centre d'injection supervisée à Québec continue de soulever des inquiétudes. Des gens d'affaires craignent que l'arrivée d'un tel centre dans le quartier Saint-Roch nuise à son image et à la vocation technoculturelle qu'il s'est donnée au cours des dernières années.

Le centre d’injection supervisée, qui doit être construit à l'angle des rues Sainte-Marguerite et Monseigneur-Gauvreau, sera situé à quelques pas du complexe Le Réacteur, un lieu de création artistique.

Son propriétaire, le metteur en scène Olivier Dufour, fait partie des gens d’affaires qui appuient le projet, mais qui contestent l’endroit choisi.

« On essaie de voir s’il n'y aurait pas des propositions qu'on pourrait faire à la Ville. On s'est tous baladé un peu dans le quartier pour voir s'il existe d'autres bâtiments. L'idée, ce n'est pas de dire : "Pas dans ma cour", l'idée, c'est que ce soit cohérent avec le quartier », explique M. Dufour.

Il croit que les services d'injection supervisée devraient être offerts plus à l'ouest du quartier.

« De ce que j'en comprends, la clientèle, ce n'est pas vrai qu'elle est de ce côté-ci, à l'est, près du Vieux-Québec. La clientèle est plus à l'ouest, à la limite Saint-Sauveur et Saint-Roch », soutient l’entrepreneur.

Éviter un « ghetto »

Plusieurs commerçants du quartier sont du même avis. C’est le cas de Napoléon Woo, propriétaire du restaurant Wok N Roll. Le site choisi pour accueillir le centre d’injection supervisée se situe à l’arrière de son établissement.

Il s’oppose au choix du site ainsi qu’à l’idée de concentrer les services en un seul endroit. Les utilisateurs de drogues injectables, fait remarquer M. Woo, ne résident pas tous dans le quartier Saint-Roch.

« À Limoilou et Vanier, qu'ils se fassent un autre centre de repère pour eux autres. Puis à Sainte-Foy, il y en a 10 %, en Haute-Ville il y en a 20 %. Qu'ils répandent ça au lieu de tout concentrer à une place et faire un ghetto », suggère-t-il.

Le restaurateur a fait signer une pétition qui a recueilli jusqu’ici plus de 1000 signatures.

Près des utilisateurs

De leur côté, les responsables du projet assurent que le site n'a pas été choisi au hasard. L’organisateur communautaire du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Marc De Koninck, affirme que les centres d’injection supervisée donnent des résultats « probants » en matière de santé publique et de sécurité. À condition, cependant, qu’ils soient situés à proximité des utilisateurs.

« Dès qu'on va aller consulter ailleurs, on va nous donner exactement la même réponse, parce qu'il y a une même sensibilité. Ce qu'on sait par contre, c'est que si […] on faisait une consultation dans dix endroits différents, que ce soit Saint-Roch, Saint-Sauveur, le bas de Limoilou, c’est le lieu qu’on a choisi qui ressortirait le plus souvent », assure M. De Koninck.

Une rencontre d'information pour les gens d'affaires aura lieu en septembre. De plus, la période pour soumettre un avis au CIUSSS de la Capitale-Nationale a été prolongée de trois semaines.

Avec les informations de Jean-François Nadeau

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