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Certaines oeuvres d'art publiques ont la vie dure à Québec

Poussière, rouille, traces de calcaire, certaines œuvres d'art intégrées aux bâtiments publics ne reçoivent peut-être pas tous les soins qu'elles méritent.

Au palais de justice de Québec par exemple, l'oeuvre d'Armand Vaillancourt, en métal brut, est visiblement atteinte par la rouille. Conçu pour être une fontaine, Justice!, repose maintenant dans un bassin vide.

À l'édifice Marie-Guyart, la sculpture composée de deux cubes d'acier intitulée 1 + 1 = 1 de Charles Daudelin a besoin d'un dépoussiérage, comme en témoigne un graffiti en anglais où on peut lire : « Donnez-moi une seconde. Je suis sale. »

Comme ces deux oeuvres, des centaines d'autres ont été érigées à Québec dans le cadre de la politique d'intégration des arts à l'architecture instaurée en 1961. Ce programme prévoit que pour chaque subvention publique accordée à un bâtiment, 1 % de la somme totale sert à y installer de l'art public.

Selon Maryline Tremblay, coordonnatrice à l'intégration des arts à l'architecture au Ministère de la Culture, moins de 10 % des oeuvres d'art publiques de Québec auraient besoin d'être restaurées. Cette tâche incombe aux propriétaires des oeuvres ; organismes, ministères, agences gouvernementales ou autres.

« Le ministère a un volet, dans le fonds du patrimoine québécois, pour venir en aide aux propriétaires qui désirent restaurer une oeuvre d'art », rappelle Maryline Tremblay.

Risques de la dégradation

Pour les artistes Cooke-Sasseville dont l'œuvre La Rencontre sera installée à la place Jean-Béliveau, une œuvre d'art à l'abandon ou qui se dégrade n'est jamais une bonne nouvelle.

« C'est comme n'importe quel élément de mobilier urbain, s'il n'est pas entretenu, il peut même potentiellement devenir structurellement dangereux pour le public, donc il faut qu'il y ait un entretien », souligne Pierre Sasseville.

Les artistes fournissent habituellement un devis technique sur la nature de l'entretien que devra effectuer l'organisme propriétaire, mentionne Jean-François Cooke,

« En ce moment, on prépare un projet pour la Ville de Montréal et c'est spécifié, il faut aborder la question du déneigement quand l'œuvre est disposée sur un trottoir, avoir de stratégies qui vont aider à la conservation, la technologie aussi, de plus en plus il y a des matériaux antigraffitis », illustre-t-il.

Le duo invite les citoyens qui remarques des signes de dégradation sur certaines œuvres à les signaler aux organismes propriétaires.

Vieillissement naturel

Le directeur artistique d'Exmuro art public, Vincent Roy, ne souhaite pas voir les oeuvres de Québec se détériorer, mais il rappelle qu'un certain vieillissement est tout à fait normal.

Par exemple, dans le cas des cubes de Daudelin, l'oeuvre est certainement rouillée, mais c'était un choix conscient de l'artiste. « C'est de l'acier corten. Ce que ça fait, c'est que ça rouille. C'est assumé, c'est une rouille qui ne va pas interférer avec la solidité de l'oeuvre », fait remarquer Vincent Roy.

Le directeur d'Exmuro précise toutefois que lorsque l'intégrité d'une oeuvre est menacée par l'usure, il faut intervenir.

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