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Chaudière-Appalaches, l'enfant pauvre du financement culturel

Chaudière-Appalaches se classe bonne dernière au Québec en matière de dépenses culturelles par personne. Une situation qui crée un accès inégal à la culture sur le territoire et qui contribuerait à la dévitalisation de la région.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Un diagnostic culturel effectué par le Conseil de la culture des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches en 2015 révèle que la moyenne du soutien financier des municipalités aux arts et à la culture est de 36 $ par personne en Chaudière-Appalaches.

Ce montant s’élève à 66 $ par personne dans l’ensemble de la province, à l’exception de Québec et de Montréal.

Le Conseil de la culture croit que ce « sous-financement » contribue à la dévitalisation de la région.

« Quand on s'installe dans une communauté, oui on a un travail, mais aussi on a un accès à différents services et à différents loisirs, dont la culture. C'est un élément fort important pour le développement des communautés », explique la directrice générale Josée Tremblay.

Le Conseil déplore notamment que la population du sud de la région n’a pas la même offre en infrastructures et en services culturels que celle du littoral.

Bibliothèques inaccessibles

Chaudière-Appalaches fait également piètre figure en termes de bibliothèques publiques alors que près de 10 % de la population n’y ont pas accès, comparativement à 4 % pour le reste de la province.

À Montmagny, il a fallu attendre en 2014 avant d’assister à l’ouverture de la première bibliothèque publique. Le projet a divisé la communauté lors d’un référendum en 2012 où 54 % de la population se sont prononcés en faveur.

Quatre ans après son ouverture, 140 personnes par jour fréquentent les différents rayons et les expositions disponibles à la bibliothèque.

« On ne peut plus nous l’enlever. Aujourd'hui, c'est 40 % des citoyens qui ont dans leur poche une carte et qui viennent à la bibliothèque pour consommer de la culture », précise le directeur général Jocelyn Landry.

La bibliothèque est devenue un lieu rassembleur où se mêlent les générations.

Des efforts sont également mis en place pour attirer les plus jeunes, notamment en offrant des séances de jeux vidéo et de société.

« Peut-être qu'ils vont venir pour le jeu dans un premier temps, mais tant mieux si par accident ils tombent sur un bon livre et commencent à s'y intéresser. Je pense qu'on est en train de semer des graines pour les prochaines générations », se réjouit Jocelyn Landry.

Vecteur touristique

L’offre culturelle est « fondamentale » dans le développement touristique de la région, selon Tourisme Chaudière-Appalaches.

Bien qu'il s'agisse de la région où il y a le plus d’institutions muséales, après Québec et Montréal, les gestionnaires peinent à remplir leur mandat et à entretenir leurs installations.

Doubler le budget

Le Conseil de la culture s’offusque que les investissements dans le milieu représentent seulement 1 % du budget de la province. L’organisation demande un réinvestissement important en culture dans le prochain exercice financier du gouvernement.

« Nos revendications elles s'inscrivent dans des revendications qui sont nationales. On demande un réinvestissement majeur en culture. La coalition La culture, le cœur de Québec revendique 2 % du budget du Québec d'ici 3 ans », affirme Mme Tremblay.

Le ministère de la Culture dit être conscient de la particularité de la Chaudière-Appalaches en termes d’accès à la culture. Des mesures spécifiques seront annoncées dans les prochains mois.

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