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Chevaux tués par une moulée toxique : le long combat pour obtenir une indemnité

Une douzaine de chevaux sont morts et plusieurs autres ont gardé des séquelles après avoir mangé de la moulée en juillet 2015. Des propriétaires doivent se battre avec l'assureur de la meunerie pour obtenir une indemnité.

Un texte d'Esther Normand à La facture

Marie-Josée Therrien, de Tring-Jonction, en Beauce, a mis du temps et de l'énergie pour dresser les trois chevaux qui font la joie de ses adolescents, Laurie et Jonathan. Mais tout bascule lorsqu'elle nourrit ses bêtes à la fin de juillet 2015. La jument de sa fille a une vive réaction.

Le bilan est lourd : deux chevaux sont euthanasiés et le troisième est dans un état précaire.

Sylvain Mongrain, sa conjointe, Nancie, et la fille de cette dernière, Marie-Soleil, vivent le même drame à leur écurie de Saint-Séverin, près de Saint-Tite, à cause de la moulée de Lactech : huit chevaux morts; deux qui leur appartiennent et six pensionnaires.

La meunerie de Saint-Isidore, en Beauce, explique que du monensin a été mis par erreur dans la moulée des chevaux. Le monensin est un antibiotique ajouté à la moulée pour vaches dont les effets sont dévastateurs chez les chevaux.

Courir après la compagnie d'assurance

Lactech, propriété d'Agri-Marché, reconnaît sa responsabilité. Mais ses clients doivent batailler ferme avec la compagnie d'assurance de la meunerie, Berkley Canada, pour obtenir un dédommagement. La meunerie admet que son assureur tarde à régler le dossier.

La professeure de droit Marie Annick Grégoire explique que la meunerie est limitée par son contrat d'assurance. « Tous les contrats d'assurance responsabilité contiennent une clause à l'effet que l'assuré, donc ici, la compagnie Lactech, ne peut pas régler lui-même avec ses clients. Par exemple, si on réglait pour 35 000 $, ça ne veut pas dire que l'assuré (Lactech) se ferait rembourser ce montant-là par son assureur. »

Des dommages aggravés

Pendant que le dossier piétine, les dommages s'aggravent. La famille de Sylvain Mongrain a vu sa réputation ternie par cette histoire, ce qui lui a fait perdre des pensionnaires. Marie-Josée Therrien, elle, a des difficultés financières depuis la tragédie.

Berkley Canada n'a pas voulu répondre à nos questions, mais Lactech affirme que 60% des 35 dossiers de réclamation sont aujourd'hui réglés. Cependant, ce n'est pas le cas de la famille de Sylvain Mongrain. M. Mongrain reproche à l'assureur de ne pas reconnaître que ses deux chevaux encore vivants ont des séquelles et qu'ils n'ont plus vraiment de valeur sur le marché.

Marie-Josée Therrien, elle, a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. Elle réclame aujourd'hui plus de 163 000 $ à Lactech et à Agri-Marché.

Ces deux familles soutiennent qu'un règlement juste les aidera financièrement, mais que cela n'effacera jamais l'image de leurs chevaux morts sous leurs yeux.

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