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Chirurgies cardiaques : des milliers de patients à risque de contamination bactérienne

Des milliers de Québécois ayant subi une opération à coeur ouvert au cours des cinq dernières années pourraient avoir été exposés à une dangereuse bactérie. Les hôpitaux procèdent à un rappel de patients.

La Mycobacterium chimaera a été détectée dans des appareils utilisés pour les opérations de chirurgie cardiaque nécessitant une circulation du sang à l'extérieur du corps. Ces appareils, des générateurs thermiques, ont possiblement été contaminés lors de leur fabrication en Allemagne.

Deux patients opérés dans un établissement de Montréal utilisant ce type d'appareil ont été infectés par la bactérie, dont les symptômes peuvent apparaître tardivement, jusqu'à cinq ans après l'intervention. L'infection par la Mycobacterium chimaera n'est pas contagieuse, mais peut entraîner de sérieuses complications. Elle se traite à l'aide d'antibiotiques.

Des milliers de patients de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) ont été contactés, mais l'Institut se veut rassurant. « Le risque est très faible : on parle d'un risque entre 0,1 et 1 %, explique le Dr François Aumond, directeur des services professionnels de l'IUCPQ. Dans le cas de l'IUCPQ, on croit que les risques sont très faibles, plutôt du côté du 0,1 %. »

Les personnes à risque sont celles ayant subi une intervention chirurgicale au coeur entre le 1er novembre 2011 et le 28 octobre 2016. Les autorités médicales invitent les patients concernés à consulter un professionnel de la santé s'ils présentent les symptômes suivants pendant plus d'une semaine :

  • fièvre;
  • perte de poids inexpliquée;
  • douleurs musculaires et articulaires;
  • sueurs nocturnes;
  • fatigue.

L'infection par la Mycobacterium chimaera peut être diagnostiquée par une analyse en laboratoire. Le dépistage préventif s'avère inutile puisque la bactérie n'est pas détectable en l'absence de symptômes.

Même si le risque d'infection est inférieur à 1 %, les hôpitaux québécois qui pratiquent des opérations à coeur ouvert ont écrit à leurs patients pour les informer de cette possibilité.

À lui seul, l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a contacté 9500 personnes. Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec a pour sa part acheminé des lettres à 321 patients. 

Les deux établissements ont également mis une ligne téléphonique à la disposition de leurs patients. Les personnes qui ont des questions ou des préoccupations concernant leur état de santé peuvent aussi communiquer avec le service Info-Santé en composant le 811.

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